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Trouver un contrat de professionnalisation après 26 ans, c’est possible !

En tant que conseiller en évolution professionnelle, ce n’est pas tous les jours que l’on voit un contrat de professionnalisation pour une personne de plus de 26 ans se mettre en place. En effet, ce moyen de se former en accédant à un emploi reste rarissime malgré les bénéfices de cette démarche à la fois pour le salarié-stagiaire aussi bien que pour l’employeur.

Cependant, l’expérience récente d’un salarié licencié pour motif économique ayant accédé à un « contrat pro » nous a rappelé que c’est possible. Nous avons voulu connaître et partager ce qui a fait la réussite de cette transition, puisque ce salarié est aujourd’hui à la fois en emploi et en formation.

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Hervé Seigneur en formation AMP en contrat de professionnalisation et Jean-Yves Gélinier, Directeur du FAM Foyer de Vie Saint Amadour basé en Mayenne.

« Une reconversion, oui mais comment financer mon projet de formation ? »

Sans formation, un projet de reconversion voit difficilement le jour. Il n’est pas question ici de présenter tous les moyens possibles pour faire financer une formation (peut-être dans un autre article ?). En effet, en fonction de chaque situation les moyens de financement varient et généralement ils conditionnent le projet de formation. De fait, les formations financées par le contrat de professionnalisation sont très souvent écartées notamment en raison de la difficulté à trouver l’employeur.

 

L’ expérience d’Hervé

Nous avons accompagné Hervé Seigneur suite à son licenciement pour motif économique. Issu du secteur de la menuiserie industrielle, Hervé a été recruté en contrat de professionnalisation à la Croix Rouge Française et se forme pour obtenir le Diplôme d’Etat d’Auxiliaire Médico-Psychologique (AMP). Entre deux révisions de cours, il a répondu à nos questions sur sa démarche de transition professionnelle.

 

Quelle a été votre parcours professionnel ?

J’étais agent de maîtrise, chef de service des expéditions à Arféo-Buroform et ce pendant 28 années.

Titulaire d’un brevet Rugby Fédéral, j’interviens depuis de nombreuses années bénévolement auprès d’adultes en situation de Handicap. En collaboration avec le Comité Sport Adapté de la Mayenne, j’initie la pratique du Rugby. C’est de cette expérience de vie que m’est venue cette envie, ce choix réfléchit de travailler avec des adultes en situation de handicap.

Comment le projet de devenir aide-médico-psychologique est-il apparu ?

Mes recherches se sont appuyées sur Internet dans un premier temps pour répondre à certaine questions : quelle voie suivre ? quels débouchés ? quel profil ? …Catalys a été un formidable péage, dans le sens positif du terme, quant à la faisabilité de mon projet. C’est vous qui m’avez guidé, freiné lorsqu’il le fallait, orienté et motivé.

Une fois le projet identifié, comment avez-vous trouvé le financement de la formation ?

Le financement, je le dois à votre travail, c’est justement parce que je n’ai pas eu à m’occuper de cette délicate partie, que j’ai pu me rendre disponible et me concentrer sur les entretiens que j’ai effectué.

Comment avez-vous procédé pour trouvé un employeur / une structure d’accueil ?

Ma stratégie a été simple, j’ai établi la liste des établissements concernés par le Handicap en Mayenne. J’ai rencontré des Directeurs et la suite heureuse vous la connaissez.

 

Le point de vue de l’employeur d’Hervé.

Monsieur Gélinier, directeur du F.A.M. Foyer de Vie. M.A.S. de Saint Amadour nous précise comment s’est mis en place le contrat de professionnalisation d’Hervé.

Qu’est-ce qui a favorisé l’embauche d’une personne en contrat pro ?

La démarche volontaire et motivée de cette personne qui est venue vers nous avec une volonté très affichée de vouloir se sortir du chômage. Par ailleurs, notre philosophie d’entreprise (la Croix Rouge française) qui s’oriente d’abord vers les gens en difficulté.

 

Qu’est-ce qui a retenu votre attention dans la candidature d’Hervé ?

Plusieurs points ont retenus notre attention : son parcours atypique par rapport à notre secteur, ses prises de responsabilités passées, sa motivation affichée et son potentiel exposé. Par ailleurs, sa prédisposition à l’adaptabilité par rapport à un nouveau métier totalement différent de ce qu’il avait pu faire, son dynamisme et sa jovialité malgré la situation complexe dans laquelle il était.

Enfin, sa mise à disposition spontanée et gratuite pendant quelques jours afin de nous exposer ses capacités et nous convaincre de l’embaucher.

 

Quels sont les avantages pour la structure de faire appel à un contrat pro pour intégrer un candidat ?

Des avantages financiers : en effet, les employeur bénéficie d’exonération de charges patronales pour l’embauche en contrat de professionnalisation d’une personne de plus de 45 ans

(http://travail-emploi.gouv.fr/formation-professionnelle/formation-en-alternance/article/le-contrat-de-professionnalisation)

Le contrat de professionnalisation permet de bénéficier d’un temps important pour former la personne et vérifier sa comptabilité avec un CDI par la suite.

 

Une expérience riche d’enseignements 

Avant d’évoquer un éventuel projet de formation, la motivation pour le métier visé et l’implication dans le projet sont incontournables. Trouver cette motivation vers un nouveau métier peut prendre du temps, nécessiter une réflexion sur soi ainsi que des recherches personnelles. Il nous apparaît important d’évaluer cette motivation du candidat pour le projet, de l’entretenir et de l’encourager.

Par ailleurs, il est nécessaire d’informer le candidat sur le « comment» car ce projet requiert un investissement personnel. Comme dans tout projet, il y a des étapes à respecter et des passages obligés. Nous conseillons donc sur les étapes et les démarches à effectuer dans un plan d’action.

Enfin, c’est à travers ses propres démarches qu’Hervé a pu transmettre sa motivation et faire connaître son projet à une structure.

Outre le travail sur le projet (vers quel métier me diriger ?), l’accompagnement dans les différentes phases (quoi faire et comment ?), il nous semble important d’orienter nos clients vers les dispositifs de formation les plus adaptés à leur projet et leur situation.

Si vous avez obtenu un contrat de professionnalisation pour mettre en œuvre votre projet de reconversion, n’hésitez pas à partager avec nous cette expérience. Quels ont été les facteurs de réussite ?

 

 

Rentrée morose, envie de bouger ? Les 4 clés d’une mobilité réussie

En période de rentrée nous sommes nombreux à nous poser les mêmes questions existentielles : Est-ce que je suis vraiment bien dans ce boulot ? Mon poste peut-il disparaître ? Est-ce que ce n’est pas le moment de changer, d’évoluer ? A défaut de pouvoir répondre à votre place, nous vous donnons ici 4 conseils pour vous permettre d’avancer et pourquoi pas de prendre la bonne décision.

 

Les réformes des retraites récentes et à venir amènent les générations nées à partir des années 60 à imaginer devoir se mettre en mouvement pour pouvoir poursuivre et sécuriser leur prochaine partie de vie professionnelle. Culturellement moins mobiles que les générations qui intègrent le marché du travail aujourd’hui, les salariés dits de la « génération X » seront pourtant de plus en plus rares à réaliser toute leur carrière dans la même entreprise.

 

En effet, les bouleversements technologiques, les restructurations, les problèmes de santé, les ruptures familiales… sont autant de facteurs qui peuvent venir fragiliser un salarié en cours d’emploi. Malheureusement, encore trop rarement l’anticipation est-elle au rendez-vous, tant du côté des salariés que des employeurs, et ce malgré leur « co-responsabilité » en matière de formation professionnelle notamment.

 « Des recettes qui fonctionnent existent »

Les grandes restructurations industrielles de ces 30 dernières années ont amené à des milliers de transitions professionnelles réussies de salariés licenciés pour motif économique. 25 ans d’expérience nous ont conduit à identifier les ingrédients qui sécurisent une mobilité professionnelle :

  • du temps (les parcours de retour à l’emploi sécurisé demandent souvent 6 mois et 2 ans selon le type d’emploi visé : bilan de compétences, formation et/ou VAE, période de stage et de pré-emploi, emploi),
  • un dispositif financièrement sécurisant (à l’instar du Contrat de Sécurisation Professionnel ou du congé de reclassement),
  • un plan d’accompagnement cohérent assorti de réelles mesures d’appui et de soutien notamment des moyens nécessaires pour financer la formation à travers des adaptations au poste ou de véritables reconversions,
  • des accompagnements à créer son propre emploi, à reprendre une entreprise, à évoluer, à sécuriser sa fin de carrière…

Quand on sait que seulement 3 % des inscriptions à Pôle Emploi (hors CSP) émanent de personnes licenciées économiques, on voit que certaines recettes fonctionnent !

Pourquoi ne pas se servir de ces expériences pour imaginer l’accompagnement des salariés en cours d’emploi qui souhaitent se mobiliser sur un nouveau projet, au sein ou en dehors de l’entreprise ?

La formation, les outils bilan de compétences et accompagnement VAE, les entretiens milieu de carrière… ont fait leur preuve mais ne sont pas suffisants. Il faut de la conviction de la part des entreprises sur leur intérêt de voir des salariés se mettre en mouvement, gérer leur parcours professionnel ; il faut du temps et de l’anticipation ; il faut des moyens d’accompagnement (qui existent très souvent), pour sécuriser des projets qui trop souvent se terminent en échec parce que mal construits ou ne voient pas le jour par manque de préparation et de sécurisation.

« Pourquoi attendre la rupture pour se mettre en mouvement ? « 

C’est également notre lecture de l’Accord Interprofessionnel du 11 janvier 2013 et de la loi sur la sécurisation de l’emploi qui en découle. Les partenaires sociaux ont souhaité réaffirmer et renforcer les dispositifs permettant d’avoir une gestion dynamique des Ressources Humaines pour les entreprises, des parcours professionnels pour les salariés.

RH, chercheurs, professionnels de l’emploi et de la formation, … qu’en pensez vous ? Comment faire évoluer nos pratiques, notre culture ?