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Femmes et métiers d’hommes : impossible n’est pas féminin

Aujourd’hui encore, il y a des métiers réputés pour les hommes et d’autres pour les femmes. C’est une réalité, me direz-vous. Que nenni ! Voici l’histoire de Marie P., que j’ai eu la chance d’accompagner dans son projet de reconversion.

Marie a été licenciée économique en 2014 et a choisi d’adhérer au Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP). Le Pôle Emploi l’a dirigée vers Catalys Conseil pour être accompagnée dans le cadre de son retour à l’emploi.

Christelle : Dans quel état d’esprit avez-vous débuté cet accompagnement?

Marie : Le licenciement a été dur, très dur à accepter. Je l’ai mal vécu, j’ai mis longtemps à le dépasser. Je travaillais au sein d’une entreprise de numérisation de documents où j’étais responsable. Avant encore, j’avais eu la responsabilité du site d’une entreprise. Quand je vous ai rencontrée, je n’avais pas la tête à ça, je souhaitais changer de voie et/ou de secteur, mais j’étais perdue.

C : Nous avons donc mis en place des actions, tels que la passation de questionnaires d’intérêts et motivation et un test de personnalité afin de déterminer des secteurs de recherche qui tiendraient compte de vos intérêts et motivations. Qu’en avez-vous pensé ?

M : Je n’étais pas prête au moment où j’ai passé les questionnaires et test. J’étais tellement perdue que je n’étais motivée par rien. Nous en avons beaucoup parlé. Il y a tout de même des choses qui sont ressorties comme le fait que j’aime bouger, bricoler, les choses techniques, les gens. Nous avons étudié différentes pistes mais rien n’aboutissait.

C : Qu’est-ce qui a débloqué la situation ?

M : Par mon réseau personnel, j’ai eu une offre d’emploi pour Orange. Ils recherchaient des personnes, plus exactement des femmes en contrat de professionnalisation, pour devenir technicien d’intervention multi service. Le processus de recrutement était long mais le poste m’intéressait vraiment : variété des missions, technicité, relationnel clients, et les nouvelles technologies. Et puis, Orange est une grande entreprise, ça me rassurait. Nous avons travaillé ensemble le Cv et la lettre de motivation et j’ai adressé ma candidature.

C : Avez-vous eu des craintes quant au métier et au secteur réputé masculin ?

M : Non, je craignais beaucoup plus le changement, quel qu’il soit, que le milieu.

C : Vous précisez qu’Orange recherchait des femmes pour cette offre. Uniquement ? Pourquoi ?

M : En fait, Orange cherchait à féminiser leurs équipes terrains. C’était une offre d’emploi en contrat de professionnalisation et la formation se passait à Saint-Malo. La promo retenue n’était composée que de femmes.

C : Comment s’est passé le recrutement ?

M : J’ai été retenue pour un premier entretien collectif, à Rennes, où ils nous ont expliqué comment cela allait se dérouler. Il s’agissait d’une POEI : Préparation Opérationnelle à l’Emploi Individuelle, en lien avec le Pôle Emploi. Suite à cela, j’ai eu un entretien individuel, toujours à Rennes, et j’ai été retenue.

C : Comment s’est passée la formation ?

M : La formation s’est bien passée, même si c’était dur au niveau technique, ainsi qu’avec les allers-retours entre Saint-Malo et Brest. J’ai eu 14 semaines de formation à l’IUT de Saint-Malo et quelques semaines d’alternance au sein d’Orange, à Brest. J’ai obtenu le titre professionnel de Technicienne Réseaux et de Télécommunications en Entreprise (TRTE) ainsi qu’un DU en Réseau et Télécommunication en Entreprise, en juillet 2016.

C : Où travaillez-vous aujourd’hui ?

M : Je travaille au sein d’Orange, en CDI. En juin 2016, j’ai passé un entretien à Rennes pour un poste de technicienne au sein de l’unité d’intervention à Brest. Là où j’ai effectué mon contrat d’alternance. Je n’ai eu la réponse qu’une fois que j’ai su si j’avais obtenu mes diplômes, c’est à dire en juillet 2016.

C : Quel est votre quotidien professionnel ?

M : Je suis dans une équipe d’une vingtaine de personnes dont trois femmes. Je suis autonome. Je me rends chez les particuliers et petites entreprises pour réparer leur téléphone ou leurs problèmes avec Internet. Je monte à l’aide de la nacelle au poteau pour vérifier les connexions, je répare les lignes de téléphone, j’installe la fibre, des livebox, décodeurs TV…

C : Ressentez-vous de l’étonnement quand les clients voient une femme ?

M : Oui ! Il y a généralement deux attitudes distinctes. Soit très positive, et ils me questionnent alors beaucoup. Soit négative, et doutent qu’une femme puisse répondre à leurs questions techniques. L’étonnement est général quand je me sers de la nacelle.

C : Vous sentez-vous intégrée au sein de l’équipe, majoritairement masculine?

M : Je suis très bien intégrée. Comme je vous le disais, il y a trois femmes au sein de l’équipe, même si je ne travaille pas avec elles. Si on a besoin d’être aidé, on s’entraide, qu’on soit femme ou homme.

C : Avez-vous déjà eu des tâches dans votre quotidien où il est un inconvénient d’être une femme?

M : Ouvrir les plaques en béton ou en fonte. Nous soulevons les plaques à deux. Il s’agit avant tout de la politique sécurité de l’entreprise. Nous appelons un collègue proche de sa zone de travail dans ces cas-là.

Monter sur une nacelle par mauvais temps.
Marie en action.

C : Etes-vous satisfaite de travailler dans un secteur réputé masculin ? Y voyez-vous des différences ?

M : Je vois du monde, je suis dehors, j’interviens sur du technique. J’aime mon métier. Et j’aime travailler avec des hommes : franc-parler, ambiance d’entraide – chose que je n’avais que très peu connue dans mes précédentes expériences.  Chaque intervention est différente, j’ai beaucoup de choses à apprendre. Donc oui, je suis satisfaite de travailler avec des hommes quasi uniquement, sur un métier technique et réputé masculin.

C : Recommanderiez-vous aux femmes de tenter l’aventure ?

M : Quand je suis arrivée en CSP, jamais je n’aurais imaginé que je ferais ce que je fais aujourd’hui. J’aime bouger, bricoler, je me suis très bien adaptée. Sur mon métier, il faut bien avoir conscience des conditions de travail : je travaille dehors, par tous les temps. Donc, je le recommande, tant qu’elles ont bien conscience du métier.

C : Merci beaucoup Marie de cet échange. À très bientôt.

En théorie, hommes et femmes sont totalement égaux face aux études, à l’orientation, aux métiers et à l’emploi. Aujourd’hui encore, nous vivons dans une représentation très sexuée des métiers qui s’explique en grande partie par le poids des traditions qui donnent une image de certains métiers…

Ce témoignage nous invite à réfléchir. N’est-il pas venu le moment de changer sa façon de voir les choses et de casser les codes ?

Les femmes et les hommes doivent-ils toujours être cantonnés aux mêmes métiers ?

Votre avis m’intéresse.

Les Mercredis de Delphine !

Bonjour,

Dans le cadre de ma veille cette semaine voici ce que je vous ai trouvé …

  • Le Guide « bien » pratique de la réforme, réalisé par le ministère du Travail

Formation professionnelle : guide pratique de la réforme. Entreprises, investissez dans votre avenir avec la formation professionnelle

  • Un accord prévoit d’aménager le CSP (Contrat de Sécurisation Professionnelle) pour 2015-2016

http://www.arftlv.org/Actualites/16530/Un_accord_prevoit_amenager_le_CSP_pour.aspx

  • L’emploi à vie est mort, vive l’employabilité (Etude)

http://www.institut-entreprise.fr/les-publications/lemploi-vie-est-mort-vive-lemployabilite

  • Le Compte personnel de formation (CPF)

Logo Site : mon compte formation.gouv.fr

Le site qui vous dit tout sur le compte personnel de formation.

moncompteformation.gouv.fr

Dès le 5 janvier, chaque titulaire pourra accéder à son compte d’heures et le gérer en ligne. D’ores et déjà, vous y trouvez une présentation détaillée du CPF, de son fonctionnement ainsi que de la documentation et les réponses aux questions les plus fréquentes.

 

A Mercredi

Delphine