Reconversion professionnelle

Reconversion made in Thailand

Il est des reconversions sur tous les continents, aussi en Asie sur les îles du sud de la Thaïlande. Petit reportage sur la reconversion de Mon, ancien ingénieur aux Etats Unis devenu Chef Mon. Que l’on soit de Paris ou de Bangkok, nous avons tous les mêmes rêves, les mêmes questionnements, les mêmes préoccupations quand il s’agit de changer d’activité.

Chef Mon
Chef Mon

Quand Mon appelle Maayan, sa femme, début 2015 pour lui annoncer qu’il serait sans doute licencié, il y a beaucoup d’inquiétude dans sa voix. Comment allons nous vivre ? Il travaille à Houston 5 semaines sur 10 pour une grande compagnie de gaz et pétrole et elle, vit sur la paisible ile de Koh Lanta dans le sud de la Thaïlande, là où ils ont décidé de s’installer et de vivre.

Durant les 5 dernières années, ils travaillent sur tous les continents et sont contraints de se retrouver 1 fois par mois à Paris, Rangoon, au Laos … mais depuis quelques mois Maayan ne peut plus bouger autant, ils attendent leur premier enfant.

Pour Maayan, de nature plutôt optimiste, c’est une belle opportunité familiale. Elle qui se sent un peu seule dans sa jolie maison de pêcheurs de Old Town. Elle souhaite un papa à plein temps pour leur petite Mili à naître et une vie plus paisible, loin des tracas et du stress de la vie occidentale.

Ils ont acquis une maison qu’ils pourraient mettre en location, et puis il y a la Muchu House que l’on peut transformer en auberge de jeunesse locale. « Toi qui est passionné de cuisine, pourquoi ne pas proposer des cours de cuisine aux touristes de l’île ? », lui propose Maayan. Les « cooking class » font carton plein en Thaïlande et particulièrement à Koh Lanta. La cuisine thaï connaît un engouement croissant grâce à ses saveurs originales à base de citronnelle, basilic thai, piment ( parfois à l’excès ! ), green curry, pâte de tamarin, lait de coco… et puis, ils sont tous les deux chaleureux, entrepreneurs, Maayan parle sept langues, avides de rencontres et de partage.

Pendant que Mon se pose, réfléchit et voit comment ce projet va pouvoir voir le jour, revenons sur son parcours.

Mon est né il y a 36 ans dans la province de Pattani à l’extrême sud de la Thailande proche de la frontière Malaisienne. Ce n’est qu’à partir de l’âge de quatre ans qu’il va apprendre le thaïlandais, parlant jusqu’alors la langue maternelle, le malais de Pattani. D’une famille modeste, il va travailler d’arrache-pied (payé 25 baths de l’heure, soit 0,6 €) pour poursuivre des études techniques, alors que la majorité des jeunes de son âge, en particulier ses frères et soeurs, abandonnent. Fin d’études, après quelques petits jobs dans le tourisme, et une première expérience dans une entreprise thaïlandaise de gaz et pétrole,  il veut quitter cette région, même ce pays et trouve rapidement du travail dans une compagnie américaine qui lui donne sa chance et pour laquelle il va travailler 10 ans en qualité d’ingénieur. Il gagne très bien sa vie, voyage, profite de sa jeunesse jusqu’au jour où il croise le regard de Maayan sur une plage de Koh Lanta où il est venu passer quelques jours de vacances avec un ami suédois…

Banco, Mon se lance. Il monte un petit abri sur le terrain face à leur maison au milieu des palmiers et des bananiers, achète des gazinières, des plats, des pilons, le petit matériel de cuisine et bien sûr… des tabliers pour ses futurs élèves. Une page Facebook « Cooking with Mon », un partenariat avec l’agence de voyage de Old Town, un peu de pub avec les hôtes de maisons en location et les premiers clients s’inscrivent.

Ça chauffe sous les palmiers
Ça chauffe sous les palmiers

Mon et les futurs cuisiniers en herbe choisissent 4 recettes parmi une trentaine proposées (salade papaye, poisson frit sauce tamarin, green curry, fried rice, pad thai…). La veille, Mon prépare méthodiquement sa « cooking class », arpente le marché du jour en choisissant les meilleurs ingrédients, cuit son riz…

La journée est bien cadencée, tout est étudié comme dans les grandes « cooking class ».

Le jour J, Maayan sa fidèle assistante, lance la journée par la séance photo.

C'est parti avec Mon
C’est parti avec Mon

Tous les deux en quête de sens, ils ont réussi leur pari au delà de leurs espérances. Ils sont aujourd’hui rassurés et prêt à monter de nouveaux projets. Le prochain en réflexion : construire une auberge de jeunesse et relancer le coffee shop qu’ils ont mis en suspens avec l’arrivée de leur petite fille Mili.

Lunch time
Lunch time

Depuis 25 ans que je fais ce métier, je constate à quel point, « se sentir réalisé, acteur de sa vie notamment professionnelle, avoir du sens dans l’exercice de sa profession est devenu une exigence de vie pour beaucoup ». Pas étonnant quand on sait qu’un français sur trois se déclare « pas motivé par son travail » !

Katell Lefeuvre

Katell Lefeuvre

Responsable du Reclassement Professionnel chez Catalys Conseil
Katell Lefeuvre

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