Archives de catégorie : Points de vue

Pas de financement pour votre reconversion professionnelle ? La solution: le contrat pro.

Travailler et valider un projet de formation n’offre pas toujours la garantie d’obtenir un financement. En effet, des déceptions peuvent être au rendez-vous.  Malgré la certitude d’être sur la bonne voie, d’avoir bien ficelé son projet, votre demande de financement ( ex : OPCA, OPACIF, Pôle Emploi, Région,  etc.) peut être refusée. Une expérience qu’on ne souhaite  à personne tant elle peut être mal vécue car trouver (enfin) sa voie et ne pas pouvoir la poursuivre est tout simplement décourageant.

Pas de panique !

Il existe des solutions pour sortir de l’impasse. Parmi celles-ci, le contrat de professionnalisation.

Le contrat pro n’a pas la réputation qu’il mériterait. On l’associe trop souvent à l’idée d’emploi précaire et on le croit réservé aux plus jeunes (on a vu dans un précédent article que ce n’est pas le cas).

Pourtant, en 2016, le contrat pro est toujours un puissant outil de retour à l’emploi. Il répond aux besoins du terrain et facilite ainsi l’insertion professionnelle.

Ce mode de formation en alternance fait donc coup double : il permet d’obtenir une qualification tout en développant une expérience professionnelle au sein d’une entreprise.

Un contrat pro ? C’est payé au Smic !

La loi impose une rémunération minimale indexée sur le Smic, qui  varie selon l’âge et le niveau de qualification du salarié. Même si ce n’est pas un plafond, le Smic est souvent la rémunération appliquée. Nous avons conscience que cela peut constituer un frein, en particulier pour des personnes qui ont atteint un niveau de salaire conséquent . Cependant, dans nos pratiques de consultants, nous rencontrons assez souvent des personnes qui choisissent de renoncer temporairement à leur niveau de salaire pour embrasser une nouvelle carrière.

Concrètement, comment ça se passe ?

La démarche de recherche d’un contrat de professionnalisation commence par un travail de réflexion pour vérifier que l’idée est bonne et qu’elle est réalisable. Cela passe par des recherches documentaires, des tests d’intérêts  et de personnalité, des enquêtes auprès de  professionnels, stages, etc. Cela repose dans un second temps sur l’utilisation des outils et techniques de recherche d’emploi.

Dans cette démarche il est judicieux de cibler l’ensemble des organismes dispensant la formation identifiée et d’y candidater car ils peuvent être porteurs d’offres. Autrement dit : vous pouvez trouver un contrat de professionnalisation grâce à votre organisme de formation.

En effet, de plus en plus d’entreprises, en particulier dans des secteurs en tension (qui ont des difficultés à recruter), apprécient de communiquer leurs offres pour trouver des profils adaptés face aux problématiques rencontrées pour trouver des profils.

Illustration avec un centre de formation professionnel

L’Afa est spécialisée dans le secteur du transport, de la manutention et de la sécurité. 

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Selon son directeur, Yohann Baumard, le contrat pro « est un levier efficace et exigeant, c’est un bon moyen d’accès à l’emploi pour les métiers du transport  au vue du coût pédagogique des qualifications exigées ».

 » Le contrat pro est un véritable sésame pour l’accès à l’emploi durable quand la qualification est obtenue et qu’un bon comportement professionnel est validé. » Yohann Baumard, directeur de l’Afa.

Cependant, ajoute-t-il, « il ne faut pas perdre de vue que si ce dispositif est gratuit et rémunéré pour le stagiaire en formation, il a un coût pour l’employeur. Les candidats doivent être prêts à accepter de passer une série de tests de sélection. »

Concernant la rémunération au SMIC d’un contrat pro, Yohann Baumard précise que « la formation dans le transport dure de 3 à 6 mois et qu’une fois la qualification obtenue, le minimum conventionnel peut être assez facilement atteint et permettre des conditions de rémunération plus élevées. »

Selon le directeur de cet organisme de formation, les besoins en recrutement dans le secteur du transport sont actuellement importants. Auparavant, explique-t-il, les recrutements étaient saisonniers et dépendaient des besoins à court terme. Aujourd’hui une entreprise dans ce secteur n’hésite pas à recruter une personne qui possède un profil adéquat même si elle n’a pas de poste à pourvoir dans l’immédiat.

Quelques  précisions

Le contrat de professionnalisation permet donc, tout en étant salarié à part entière d’une entreprise, d’acquérir une qualification professionnelle reconnue par l’état et / ou la branche professionnelle.

Il concerne tous les secteurs (tous les employeurs assujettis au financement de la formation professionnelle continue), à l’exception de l’État, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics à caractère administratif.

Cependant, des dispositions spécifiques existent pour certains employeurs. Pour exemple, les établissements publics industriels et commerciaux et les entreprises d’armement maritime peuvent conclure des contrats de professionnalisation.

Ce contrat peut être à durée limitée pour une durée comprise entre 6 et 12 mois ( CDD). Cette durée peut être portée directement à 24 mois pour les personnes sans qualification ou bénéficiaires du RSA, de l’ASS, de l’AAH ou sortant d’un contrat aidé.

Il est possible de renouveler une fois un contrat de professionnalisation à durée limitée avec le même employeur si:

  •  la seconde qualification visée est supérieure ou complémentaire à la première
  • le bénéficiaire n’a pu atteindre la qualification préparée pour cause d’échec à l’examen, maternité ou adoption, accident du travail, maladie, défaillance de l’organisme de formation.

Il peut être aussi à durée indéterminée. Dans ce cas, les règles de durée maximale (12 ou 24 mois) portent sur la période de professionnalisation, c’est-à-dire la première phase du contrat qui s’effectue en alternance avec l’organisme de formation. Quelle que soit la forme du contrat (à durée limitée ou CDI), le contrat peut comporter une période d’essai.

Vous voilà en possession d’une autre piste de financement…Peut-être une nouvelle page à écrire sur le livre de vos projets ?               Déjà fait ? Partagez votre expérience du contrat pro en ajoutant un commentaire.

Pour plus d’informations sur le contrat pro et vos choix professionnels, contactez-nous. Pour en savoir davantage sur les formations dans le secteur du transport, contactez directement notre partenaire Afa.

 

 

 

L’outplacement : la recherche d’emploi en VIP pour tous

cv vip 2Vous sentez que votre poste est menacé, vous anticipez une fermeture de votre service ou une réorganisation qui pourrait avoir un impact sur votre poste ? La perspective d’une recherche d’emploi, livré(e) à vous même, vous plonge dans le plus grand désarroi. L’outplacement pourrait bien vous rendre service. Derrière cet anglicisme imprononçable se cache un véritable service utile et efficace. Il est pourtant méconnu et beaucoup de clichés gravitent autour de lui (non, il n’est pas réservé aux cadres…). Il est temps de se rendre dans les coulisses de l’outplacement.

Devoir chercher un emploi est déstabilisant

Lorsque l’on perd son emploi, après plusieurs années dans une même entreprise il n’est pas rare de se dire qu’on ne sait rien faire. Je rencontre beaucoup de personnes persuadées qu’elles ne retrouveront pas l’équivalent du poste qu’elles occupaient et qu’elles aimaient. Ces personnes s’interrogent souvent sur la valeur de leur CV, de leur expérience, sur leur capacité réelle à rebondir, etc.

Chercher un emploi est une course de fond…

… une course de fond dont on connaît le départ mais pas l’arrivée. Je recueille régulièrement des témoignages de personnes qui s’attendaient à trouver un emploi rapidement. La déception est souvent au rendez-vous, parce que le marché de l’emploi est tendu et complexe. Il n’est pas rare qu’une recherche d’emploi aboutisse seulement après six mois de démarches, voire davantage.

L’outplacement ? Un filet de sécurité et un coach.

Suivre une démarche d’outplacement, c’est avant tout ne plus être seul. Un consultant se tient à vos côtés jusqu’à ce que vous ayez trouvé un emploi. Vous êtes traité en VIP. Ce consultant vous apprend d’abord à prendre conscience de vos compétences, de la valeur qu’elles ont sur le marché de l’emploi.  Il vous apprend aussi à parler de vous de manière positive.

Bien sûr, un consultant n’est pas un magicien et ce n’est pas parce qu’il décroche son téléphone ou vous accompagne dans l’élaboration de votre CV que vous allez immédiatement retrouver un emploi. Un retour à l’emploi prend du temps. Depuis 10 ans que je fais ce métier, je peux vous assurer que la précipitation est l’ennemie du reclassement.

Il faut comprendre comment ça marche, apprendre par exemple à se présenter avec son CV dans l’entreprise. Comprendre que tout ne se passe pas sur internet. Comprendre qu’il est inutile d’attendre fébrilement, comme après avoir envoyé une bouteille à la mer, l’hypothétique réponse à un mail de candidature.

Pour autant, il ne faut pas tout attendre du consultant. C’est bien  le candidat et lui seul qui possède les réponses. Le consultant qui l’accompagne est son guide mais il ne peut pas se substituer à lui.

« La force en toi tu possèdes » – Maître Yoda

L’outplacement est donc là pour vous rassurer, réfléchir avec vous, vous permettre de vous approprier étape par étape les codes de la recherche d’emploi et de les démystifier.

Concrètement, quels outils sont utilisés ?

Il existe une multitude d’outils d’aide à la recherche d’emploi. L’offre est si vaste qu’il est difficile de s’y retrouver pour quelqu’un qui n’est pas du métier.

Le consultant sélectionne les bons outils et les bonnes méthodes, c’est à dire ceux qui sont adaptés à la situation singulière du salarié accompagné.

Citons 2 exemples :

  1. L’exercice de l’entretien de recrutement nécessite de la préparation. Participer à un atelier sur l’entretien de recrutement c’est bien, mais obtenir un conseil au bon moment, dans le feu de l’action, comme par exemple une simulation d’entretien effectuée la veille, travaillant une dernière fois sur le profil du candidat, est bien plus profitable.
  2. On va s’attaquer au « marché caché », c’est à dire les postes à pourvoir qui ne font pas l’objet d’offres d’emploi.  C’est ce qu’il y a de plus difficile à faire. Le consultant peut vous y aider en contactant des entreprises pour vous. À défaut d’offre concrète, le consultant vous livrera les informations qui vous seront toujours utiles sur l’entreprise, les contacts, la politique de recrutement, l’avis du RH sur votre CV. Ce recueil d’informations sera d’autant plus important qu’il vous permettra de connaître les forces et les faiblesses de votre candidature, et donc d’ajuster le tir par la suite.

Pas que pour les cadres !

Hier réservé aux cadres, l’outplacement s’est aujourd’hui démocratisé pour s’adresser à tous : ouvriers, techniciens, agents, etc.

Le coût ?

Quelques milliers d’euros, pris en charge la plupart du temps par l’employeur. Il n’est pas obligé de le faire, le financement peut être proposé dans le cadre d’une négociation. Dans certains cas, l’employeur le suggère spontanément. Posez la question à votre service ressources humaines.

Pour conclure, voici selon nous, les trois critères d’un outplacement réussi :

  • la personne accompagnée a retrouvé un poste
  • elle a retrouvé un poste dans lequel elle se sent bien
  • elle a appris à pêcher, plutôt que d’avoir reçu des poissons, comme le dit le proverbe. Autrement dit, elle s’est renforcée !

Il était une fois… l’entretien de recrutement

Enfin ! Enfin ! Enfin ! Suite à l’envoi de mon CV et de ma lettre de motivation, l’entreprise me propose un entretien. Je suis ravie, fière que ma candidature soit retenue et bien entendu… stressée. Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire de plus ? Voici deux histoires,  dans deux contextes différents, mais qui servent un seul et même but : réussir son entretien.

Deux jeunes femmes ont bien voulu se prêter au jeu et répondre à mes questions : Lucie El Assri, que j’ai accompagnée dans le cadre d’un bilan de compétences et qui s’est présentée à l’oral au concours d’aide-soignante, et Soriya Sok, accompagnée par une de mes collègues dans le cadre d’une prestation Pôle Emploi.

Chapitre 1 : comprendre et se préparer

Alors oui, je vais enfoncer des portes ouvertes : je ne me rends pas à un entretien la fleur au fusil et le coeur en bandoulière. Je me prépare. À quoi, me direz-vous ? Et comment ?

Comprenons avant tout l’essentiel. L’entretien sert au recruteur à bien vérifier que nous correspondons au poste, que nous intégrerons l’entreprise facilement et sans heurt. Il exigera également que nous soyons rapidement opérationnel et rentable – ne nous le cachons pas.

De notre côté – oui, oui, nous aussi nous avons nos propres buts – il est nécessaire de bien vérifier que le poste correspond à l’offre, de poser des questions et de renouveler notre intérêt et nos motivations.

« Il faut savoir qu’entre l’entreprise et le candidat, il y a un besoin réciproque et il ne faut surtout pas l’oublier. En tant que candidat, nous sommes à pied d’égalité avec l’entreprise, et prendre conscience de cela m’a permis d’aller à cet entretien en toute confiance. Je pense que les recruteurs l’ont ressenti. Surtout, il faut rester soi-même et naturel » précise Soriya.

Donc, j’ai repéré l’offre, adapté ma candidature, je dois, de la même manière, préparer un plan adapté de ce que je vais dire de mon parcours de formation, professionnel et éventuellement extra professionnel, en lien avec les critères de l’offre.

J’appuie, j’argumente, je donne des chiffres, des exemples… les faits sont des arguments forts et en disent long sur nous.

Lucie témoigne : « J’ai appris à cadrer mes idées, respecter la chronologie des choses et être cohérente dans mon parcours, à développer beaucoup plus mes expériences ainsi que mes compétences en m’appuyant sur mon portefeuille de compétences réalisé au début du bilan. »

Il ne faut pas écrire l’ensemble de ce que vous souhaitez dire. Vous allez  donner l’impression de « réciter votre leçon » lors de l’entretien, de faire un monologue, et surtout, si vous êtes coupé dans votre lancée, de perdre le fil et donc vos moyens.

Ainsi, je vous suggère de jeter des idées, des mots clés, dans un plan. Cela vous permettra les associations d’idées et augmentera vos chances de conserver votre naturel lors de cette rencontre.

Car oui, c’est une rencontre, un dialogue, une interaction !

Ce n’est pas un robot face à nous, mais une personne, qui n’est pas forcément rompue aux techniques d’entretien et qui peut être aussi stressée que nous.

Il est vrai qu’il n’y a pas non plus que des recruteurs très sympathiques, certains peuvent mettre mal à l’aise… Encore une fois, tous les recruteurs ne sont pas formés aux techniques de l’entretien.

Il y a autant de formes d’entretien que de personnes qui les mènent. Mon travail de candidat est de m’adapter et de convaincre de l’intérêt de ma candidature si je suis toujours motivé, mais de ne pas tout accepter non plus.

J’anticipe des questions potentielles, pour lesquelles je prépare une réponse. Voici, pêle-mêle quelques questions récurrentes :

  • Quels sont vos 3 qualités et 3 défauts?  : Nous allons éviter « j’ai les défauts de mes qualités », « je n’en n’ai pas », « …euh… ». Il faut entendre cette question non pas comme un piège, mais au contraire comme la possibilité pour nous de démontrer que nous savons prendre du recul, identifier nos points forts et faibles pour le poste sur lequel nous nous présentons
  • Accepteriez-vous d’être managé par une femme ?  « Bien sûr, se sont les femmes qui gouvernent, non ? » Qui répondrait non à cette question ?
  • Pourquoi avez-vous été licencié ? Je n’ai pas à avoir honte de ma situation, quelle qu’elle soit. Je l’explique simplement, sans critiquer mon ancien employeur pour autant.
  • Si vous étiez un animal, quel serait-il ? Evitons le requin, ça me paraît un peu carnassier.
  • Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Le but n’est pas de dire « chez, vous, sur le même poste ». Et l’ambition, alors ? « Je me vois sur un poste.., avec des missions autour de… »
  • Pourquoi vous ?  Je fais un condensé de mes atouts et compétences pour le poste, avec des mots-clés mais sans répéter les mêmes qualités. Varions les plaisirs, nous avons une jolie langue française.

Chapitre 2 : Je suis prêt, je fais une simulation

Ne négligeons pas l’opportunité de s’entraîner. Essentiel pour repérer la cohérence de ce que nous voulons dire, nos tics de langage et l’image que nous donnons. En effet, la communication non verbale est aussi essentielle que ce que nous allons dire.

L’habit ne fait pas le moine, mais y contribue.

Je me mets cet adage en tête pour préparer mon entretien. Je ne me rends pas à un entretien en bermuda et tongs (hé oui, même s’il fait chaud), je mets du déodorant et du parfum (mais pas en quantité industrielle), et je m’assois bien sur ma chaise (je pose bien mon assise mais je vais cependant éviter de m’adosser pour ne pas m’avachir). Je peux parler avec les mains, mais je ne fais pas de grands gestes, j’évite de triturer alliance, collier ou lunettes.

Si vous ne pouvez pas réaliser une simulation, je vous invite à vous filmer, ne serait-ce que pour vous écouter exprimer votre parcours et motivations et aussi vous regarder. Vous verrez, c’est passionnant.

Revenons à nos deux héroïnes, qui ont pu bénéficier de simulations avec leurs consultantes et aussi avec des collègues du cabinet.

« Tout d’abord nous avons fixé deux dates pour faire une simulation d’entretien. Pour la première simulation, Christelle m’a laissé me débrouiller toute seule et s’est montrée très déstabilisante ce qui m’a fait perdre tous mes moyens. Le résultat n’était vraiment pas au niveau de ce qu’attend le jury. Elle m’a alors donné beaucoup de conseils, note Lucie. Je me suis alors beaucoup remise en question. J’ai travaillé chez moi, seule, en me donnant pour objectif de réussir ce concours. Au moment du deuxième entretien, les choses se sont passées totalement différemment car j’avais pris confiance en moi. Durant cet entretien, j’étais vraiment dans les conditions d’examen car en effet Christelle était accompagnée d’une de ses collègues. La première partie portait sur un sujet sanitaire et social, puis la seconde sur mon parcours et mes motivations. Elles m’ont posé beaucoup de questions pour vraiment me mettre en situation. Suite à ces vingt minutes d’entretien nous avons fait un débriefing qui s’est révélé positif, surtout sur la partie motivation, il me restait à travailler davantage sur les sujets sanitaires et sociaux. »

Autre témoignage, celui de Soriya.

Soriya : « Lors de la simulation d’entretien, ma conseillère m’a aidé à cerner plus précisément ma personnalité. Dans mon cas, elle a tout de suite identifié mes qualités et défauts. Elle m’a aidé à les valoriser dans le cadre du travail, et notamment grâce à l’illustration avec mes précédentes expériences. Cette préparation à l’entretien m’a permis de relativiser et de me rendre à l’entretien en toute confiance. Le marché du travail est aujourd’hui très difficile et nous, en tant que candidat, nous nous mettons souvent en situation de « demande ». Certes, il se peut qu’il y ait beaucoup de candidats, et nous tentons de mettre en avant nos qualités sauf qu’il ne faut pas tomber dans le piège d’être quelqu’un d’autre/ de jouer un autre rôle. Je pense que les recruteurs le voient assez rapidement. »

Chapitre 3 : Je mène mon entretien

Soriya nous raconte le sien :

« Mon entretien s’est déroulé de la façon suivante : un entretien avec un profil opérationnel, un entretien RH, la rédaction d’une lettre de motivation et un test d’anglais. Le test d’anglais était un QCM.
Au final, il s’est bien passé, avec une issue positive. Je suis tombée entre autres sur « quelles sont vos prétentions salariales » et « citez moi 3 qualités/3 défauts ». J’ai abordé ces questions de façon sereine vu que je les avais préparées. L’entretien opérationnel s’est également bien passé : il y a eu des questions « pièges »  auxquelles j’ai pu répondre en toute honnêteté et en justifiant ma réponse. S’il y a des questions inattendues, prenez le temps d’y réfléchir avant de vous lancer. Répondre trop précipitamment à une question peut faire croire au recruteur que vous n’êtes pas sûr de vous et il peut creuser ensuite dans ce sens là. »

Pour Lucie :

« Mon entretien s’est déroulé face à un jury. J’en retire beaucoup de bénéfices car ces simulations m’ont permis de réussir le concours d’aide-soignante, de prendre confiance en moi, mais aussi de me préparer pour de futurs entretiens d’embauche. »

Epilogue : Les conclusions de Soriya et Lucie

Pour Lucie :

 « Ces simulations d’entretien m’ont permis de voir comment se déroule un oral, ils m’ont été d’une grande utilité car j’ai pu bénéficier d’une préparation, d’un entrainement et ainsi ne pas me diriger vers l’inconnu. Cela m’a vraiment mis en condition ».

De son côté, Soriya estime :

« À ma grande surprise, Catalys a été d’une aide précieuse dans ma recherche d’emploi. En effet, j’ai pu faire le point avec eux, sur mon CV et mes lettres de motivation et même pour une réorientation. Cela m’a également permis de mettre en place un « plan d’action », et me tenir à un calendrier de « rédaction CV et lettre – envoi – relance ».  J’ai également passé du temps sur l’espace personnel mis à disposition par Catalys : il y a une source importante de documents et de sites internet qui vous donnent les clés pour réussir la rédaction d’un CV ou d’une lettre, …
Par ailleurs, il est important de ne pas faire cavalier seul.

Toutes nos félicitations ! Lucie intègre donc la formation pour devenir aide-soignante en septembre, et Soriya est actuellement en formation organisée par l’entreprise avant de commencer son contrat.

Conclusion  : petits rappels et quelques conseils de dernières minutes sur l’entretien

Je sais que vous allez revenir vers moi en me disant, « moi, mon entretien ne s’est pas passé comme ça », ou encore « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dîtes ». Et vous aurez raison.

Je n’ai effectivement pas abordé tout dans ce seul article, qui me paraît déjà assez conséquent, j’ai souhaité surtout m’appuyer sur ces deux témoignages. Je n’ai pas fait d’approche théorique de l’entretien.

N’hésitez pas à me le réclamer si vous le souhaitez.

Enfin, quelques petits conseils :

  • Repérer les lieux avant l’entretien
  • Ayez 5 minutes d’avance, il n’est pas nécessaire d’arriver trop tôt, vous ne savez pas combien de temps vous pouvez attendre
  • Sachez le nom de la personne qui vous reçoit. Une astuce, demander à la personne de vous épeler son nom lors de l’appel qui fixe le RDV, elle prendra toujours le temps de le faire
  • Soyez certain de l’heure du RDV. Ainsi, lors de l’échange téléphonique, répéter l’heure à votre interlocuteur
  • Si vous allez être en retard, prévenez l’entreprise
  • Evitez d’avoir des impératifs le jour de l’entretien, vous pouvez avoir plusieurs entretiens dans une même journée, avec différents interlocuteurs. Organisez-vous.
  • Renseignez-vous sur l’entreprise
  • Préparer des questions sur le poste, les missions, l’évolution, l’entreprise, le salaire et les avantages (nous ne travaillons pour la gloire)
  • Ne vous mésestimez jamais, si vous avez un entretien, 80% du chemin est parcouru : sur la base de votre CV et LM vous êtes retenu pour le poste, l’entretien permet de parcourir les derniers 20%

Et surtout, surtout, n’oubliez pas : soyez convaincu pour être convainquant !

Photo de couverture : Tim Gouw

Impact du numérique sur l’emploi : 5 questions à se poser

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« Le développement du numérique menace de disparition 5 millions d’emplois au cours des 5 prochaines années » selon un rapport présenté  au forum de Davos en 2016. Cette information m’a interpelé et après quelques recherches, j’ai constaté que les avis divergent et que la prédiction s’avère quasiment impossible. Cependant, le changement est bel et bien là : on assiste à une révolution (on parle de 4ème révolution industrielle) dont l’impact sur l’emploi reste très difficile à mesurer et à anticiper.

Pour avancer sur ce sujet, je vous propose un point de vue à travers 5 questions que chacun peut se poser pour évaluer l’éventuel impact du numérique sur l’avenir de son propre métier. Ce point de vue a pour but de donner des pistes de réflexion à un niveau individuel.

 

  1. La part du relationnel est-elle importante dans mon job ?

Il est question ici de l’importance que peut avoir la dimension relationnelle pour la réalisation des activités. Sur ce point, on peut présumer que la qualité de la relation est le critère qui « protège » d’un quelconque remplacement par le numérique. En effet, les activités qui nécessitent de l’empathie, de l’écoute, etc. rentrent plus difficilement dans le champ de compétences des robots.

De fait, les métiers du soin, de la relation d’aide, du service n’ont pas de souci à se faire.

 

2. Mes activités sont-elles répétitives ?

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Aujourd’hui, il est techniquement possible de faire faire par un robot 90 % des activités humaines. Les tâches simples et surtout répétitives sont celles qui se prêtent le mieux à la robotisation.

Le secteur bancaire donne un exemple de ce transfert de tâches à des robots avec la mise en place des distributeurs automatiques de billets en mesure d’effectuer les opérations courantes ce qui a entraîné une forte diminution des postes au guichet.

Mais ce n’est pas parce qu’on sait le faire techniquement qu’on le fait. En effet, les coûts de développement élevés freinent l’automatisation.

 

3.  Mes clients sont-ils intéressés par une offre de service numérique ?

Dans chaque métier, il y a des habitudes de fonctionnement entre un client et un fournisseur. Chacun peut donc observer la relation qu’il entretient avec son client, c’est-à-dire avec la personne à laquelle se destine le service, la prestation ou le produit.

Dans certains domaines, c’est le « tout-tout-de-suite-et-maintenant » qui domine. Les plates-formes (Uber, Amazon…) surfent sur cette vague et mettent à mal des équilibres clients-fournisseurs établis.

Inversement, certains secteurs tirent leurs épingles du jeu en misant sur la qualité de la relation avec le client, la proximité. C’est le cas du bio, de l’artisanat et des services à la personne.

 

4. Quelle est la part de créativité dans mon activité ?

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Par « création », je ne veux pas parler d’une démarche artistique, mais de la part de créativité dont nous faisons tous preuve pour résoudre des problèmes, avancer, trouver des solutions, gérer des contraintes. Et oui, chaque job demande de faire l’équilibriste entre différentes contraintes.

Les postes dans lesquels les problèmes peuvent être résolus en suivant une procédure (étape 1 : faire ceci, étape 2 : faire cela, etc) se prêtent davantage à un remplacement par un outil numérique.

Cependant, il est évident que la limite n’est pas aussi nette entre d’une part des jobs avec créativité et des jobs sans créativité. Sur ce sujet, on observe que ne numérique apporte progressivement des assistances aux professionnels (logiciels d’aide au diagnostic pour les médecins par exemple) plutôt qu’une disparition soudaine des métiers.

 

5. Pour réaliser mon travail, de quels types d’informations ai-je besoin ?

Il est facile de créer un logiciel qui va traiter un seul type d’information (des chiffres pas exemple) mais plus complexe de créer un robot capable de prendre en compte plusieurs types de données (des chiffres, un historique de  relation avec le client, des informations verbales, etc).

 

La révolution numérique a un impact sur les métiers et sur l’emploi au même titre que les précédentes révolutions industrielles. A son propre niveau, chacun a la possibilité de s’interroger sur l’avenir de son métier. Pour poursuivre l’échange sur ce sujet, je vous propose d’apporter vos commentaires en répondant à ces questions :

Dans votre métier, quel est l’impact du numérique ?

Comment voyez-vous votre poste dans 10 ans ?

 

 

Travail le dimanche, comment concilier vie personnelle et professionnelle ?

A quelles conditions peut-on concilier le travail du dimanche et la qualité de vie ? Nous avons interrogé 75 personnes pour comprendre les impacts sur leur vie personnelle et professionnelle. 

Nous avons mené une étude auprès des salariés de l’enseigne Magasin Vert (Coopérative Triskalia) en Bretagne. Cette étude avait pour objet d’évaluer l’impact de l’ouverture des magasins le dimanche sur la qualité de vie des salariés. Une véritable étude, pas un simple sondage pour ou contre.

Le contexte

Sur 16 magasins, 14 étaient déjà ouverts le dimanche pour deux saisons dans l’année (automne et printemps). Pour certains de ces magasins le travail du dimanche étaient en place depuis leur création.

Le CHSCT a sollicité sa direction pour qu’une étude d’impact soit réalisée par un cabinet extérieur.

Notre mission était de faire prendre conscience aux différents acteurs (CHSCT, direction, représentants du personnel, etc.) de la manière dont les salariés arrivent à concilier vie professionnelle et vie personnelle dans le contexte du travail dominical.

La méthode

Il nous est apparu crucial, de proposer dès le départ aux différents acteurs la réalisation d’entretien en face à face plutôt qu’une simple enquête d’opinion.

Cette approche a convaincu l’entreprise qui nous a ainsi ouvert les portes de tous les magasins de l’enseigne. Cela nous a permis de prendre en considération la perception et le vécu des 75 personnes (50% de l’effectif) avec lesquelles nous avons échangé. 75 personnes tirées au sort pour garantir la neutralité des résultats.

Nous avons rencontré des femmes et des hommes de tous les métiers (caissier, conseiller vendeur, responsable de secteur ou de pôle et directeur de magasin). Certains étaient déjà concernés par le travail dominical, d’autres ne l’étaient pas encore.

Travail le dimanche

Résultats

  • Faire intervenir des consultants, sur le terrain, sur un sujet sensible comme celui-ci a été perçu comme une marque de confiance et d’ouverture de la part de la direction et des partenaires sociaux. Il y a une véritable audace de la part de l’entreprise, une prise de risque qui a créé un sentiment positif chez les salariés. Chacun a pu constater que la direction était sensible à cette question de la conciliation de la vie personnelle et professionnelle.
  • L’étude a également montré le niveau d’engagement des salariés dans l’entreprise. Elle a permis de mettre en évidence la réalité d’une culture d’entreprise et l’attachement des salariés à leur enseigne qu’ils sont prêts à défendre face à la concurrence.
  • Nous avons constaté que les avis sur le travail dominical divergeaient selon la situation familiale et socioéconomique des personnes interrogées. Il n’y a donc pas d’unanimité. Les contreparties financières et de récupération, prévues dans l’accord d’entreprise, semblent être pour certains satisfaisantes.  Pour d’autres qui ne sont pas favorables au travail le dimanche, la question n’est pas dans les contreparties aussi importantes soient-elles. Elle porte sur des critères différents mais considérés comme essentiels dans leur qualité de vie.
  • Il est donc important pour tous les acteurs de comprendre qu’il existe d’autres leviers qui peuvent contribuer à cet équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Il est essentiel d’être attentif au respect des rythmes de travail, à l’équité de traitement et à l’application des règles, à la transparence de la communication, à l’écoute des salariés. C’est à ces conditions que le travail dominical peut-être rendu acceptable.

En tant que consultant, j’estime que les conditions d’intervention de cette étude nous ont permis de garantir la neutralité du cabinet, un regard objectif, une approche mutuellement profitable pour le bien être des salariés et la performance de l’entreprise.

La lettre de motivation : un mal nécessaire ou un plus ?

Les consultants en reclassement, les entreprises, les agences intérims exigent tous une lettre de motivation. Pourquoi suis-je obligé d’écrire une lettre, alors que mon CV explique déjà mon parcours et que le plus simple est de me recevoir en entretien?

Mais je suis obligé de m’y coller, au risque de voir écarter ma candidature. Et voilà la page blanche.

5 conseils élémentaires

La lettre de motivation doit être personnalisée, adaptée à l’offre et répondre aux critères recherchés par l’entreprise. Il y a un travail d’analyse du parcours et des compétences, à réaliser pour argumenter l’adéquation de sa candidature avec les attendus du poste, sans faire un copier coller du CV et de l’annonce.

Lettre de motivation

Il faut prêter attention à :

  1. Préparer des exemples de son parcours pour amener les compétences exigées dans l’offre
  2. Parler dans un temps présent et non passé : « je savais faire », « j’avais pour mission » ne montrent pas le dynamisme réel de sa candidature
  3. Ne pas être victime mais acteur de son parcours. Il faut éviter « j’ai été licencié de… », « je suis actuellement à la recherche d’un emploi », « sans emploi, j’ai besoin de travailler »
  4. Choisir 2 à 3 qualités et les mettre en valeur, il est moins intéressant de voir une énumération de toutes les qualités possibles et imaginables que vous avez. « Je suis sociable, dynamique, j’ai l’esprit d’équipe, organisé, rigoureux et polyvalent ».
  5. La structure de la lettre : l’accroche, 2 paragraphes de développement, demande d’entretien et formule de politesse

Retenons avant toute chose que chaque lettre de motivation est unique. Elle doit être personnalisée et adaptée à une et seule offre.

Le point de vue d’Isaure Grün

Isaure est chargée de recrutement au sein de Catalys Conseil.

Même si certains s’attachent à dire que la lettre n’est pas toujours lue, quand elle est lue, elle doit être pertinente !!

L’analyse d’une lettre de motivation permet de :

  1. Évaluer la capacité du candidat à comprendre l’annonce, c’est à dire : les attendus du poste en terme de compétences techniques, connaissances et le profil recherché
  2. Convaincre de l’adéquation entre le profil du candidat et les contours du poste à pourvoir
  3. Rendre légitime la candidature
  4. Commenter son parcours (sans répéter le CV) mais surtout de développer ses motivations et comment le candidat se représente le poste
  5. Valoriser le projet du candidat et bien sûr l’adéquation avec les exigences du poste et /ou de l’entreprise

C’est un positionnement professionnel et un bon support à l’entretien, un outil stratégique de communication !
Au delà des éléments « descriptifs et objectifs » du CV, la lettre permet de confirmer l’intérêt que l’on a de rencontrer le candidat en entretien. Le recruteur attend à travers la lettre une projection dans le poste. Enfin, plus le poste est à responsabilités, plus la lettre est regardée « à la loupe » et le recruteur fera preuve d’exigence.

Le point de vue d’Emmanuelle Diévart

Emmanuelle, aujourd’hui consultante en reclassement, a été chargée de recrutement en agence de travail temporaire.

En agence de travail temporaire, on travaille surtout sur le savoir-faire et les connaissances. La lettre de motivation n’est pas exigée pour des postes en manutention, en industrie ou manœuvre en bâtiment. On se contente d’un CV. C’est lors de l’entretien d’inscription que le recruteur pose quelques questions.

J’en avais d’abord une approche globale :  la forme. Je regardais la présentation, l’utilisation de l’espace, la date, l’objet, la pièce jointe, le destinataire, l’orthographe et la grammaire (encore plus pour des postes dans l’assistanat).

Puis, une approche liée au contenu : le fond. Cette lettre est-elle bateau, ciblée pour le poste ? Quel est le vocabulaire utilisé ? Les motivations pour le poste sont-elles présentes ? La lettre permet le départage des candidats.

Je me servais souvent de la lettre lors de l’entretien pour développer certaines parties à l’oral.

Ce que nous en retenons

Assurément, la lettre de motivation est aujourd’hui un incontournable du CV. Elle n’est pas exigée pour tous les types de poste. Toutefois, nous ne pouvons négliger l’exercice lorsqu’elle est exigée. Elle a cet intérêt d’accompagner la chronologie de notre parcours et de mettre en valeur nos acquis, nos atouts et nos motivations à intégrer ce poste que nous avons repéré.

Elle permet au recruteur, quel qu’il soit, d’apprécier notre candidature à sa juste valeur.

Alors, à nos crayons et ordinateurs!

5 raisons de faire confiance à votre consultant en reclassement

Aujourd’hui la vie professionnelle n’est plus linéaire mais jalonnée au contraire d’emplois différents, dans des secteurs variés. Parfois, c’est un choix volontaire, parfois il est subi.

Dans ce cadre, il nous est proposé d’être accompagné par un professionnel du reclassement. Génial ! En principe, il est capable de me conseiller, m’aider à retrouver un emploi, accompagner mon éventuel désir de reconversion. Mais concrètement, que va-t-il m’apporter?

Les situations de reclassement

Nous avons de multiples raisons de nous retrouver face à un consultant en reclassement : fin de contrat, rupture conventionnelle, licenciement. En amont et en aval de l’inscription au Pôle Emploi, nous allons rencontrer un professionnel dans un cadre dont la durée varie : espace information conseil, congé de reclassement, prestations d’accompagnement. Il exerce au sein de Pôle Emploi, d’organismes d’insertion, et d’entreprises telles que le cabinet conseil en ressources humaines.

L’accompagnement individuel : une relation humaine et collaborative

Revenons à des fondamentaux : personne n’a la science infuse et un consultant, quelque soit l’organisme ou l’entreprise qui l’emploie, n’est pas un « gourou » qui va nous trouver « en claquant des doigts » un métier, une vocation, et qui fera les démarches à notre place.

C’est un professionnel qui place la personne accompagnée au cœur de son reclassement :

  1. Ecoute, soutient, conseille et informe. Par exemple, Anne, choquée et fragilisée après son licenciement économique, a apprécié de pouvoir s’exprimer sur ses problèmes de santé. Nous avons alors effectué une demande de Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH), après que je lui ai expliqué les modalités de mise en oeuvre et le but de la RQTH. Et nous avons tenu compte de ses contres-indications médicales dans ses projets.
  2. Œuvre concrètement pour que la personne soit actrice de son parcours professionnel. Ainsi, les outils (Cv et lettre de motivation) sont travaillés et adaptés aux projets de chaque personne. Pascal a ainsi pu aller à la rencontre des agences intérimaires, se servir des sites d’emploi pour mettre en ligne ses CV, créer des listings d’entreprises qu’il a souhaité viser et lancer ses candidatures spontanées. Il est actuellement en poste suite à une candidature spontanée.
  3. Accompagne les désirs de transition professionnelle. Par exemple, Solène souhaite devenir négociatrice en immobilier. Elle a pris contact, par le biais de son réseau, avec des professionnels et va mettre en place un stage pour confirmer son projet de reconversion.
  4. Formalise un plan d’action adapté pour chaque projet envisagé en accord avec la personne. En effet, Sophie me disait « on a tendance à être un peu comme un cheval fou, l’impression d’être lâchée dans la nature. Vous avoir permet de savoir où on va et comment y arriver« 
  5. Tend vers la solution la plus adaptée et sécurisée pour chaque personne. Mettre en adéquation les attentes et contraintes avec la réalité économique du territoire est indispensable dans l’accompagnement. Ainsi, Marc a été accompagné dans l’analyse de ses intérêts, motivations et de ses compétences, l’émergence de voies professionnelles envisageables, l’étude du marché de l’emploi, la réalisation d’un stage puis d’une formation qualifiante adaptée à la réalité socioéconomique. Il m’a appelé récemment pour m’informer à quel point il était satisfait de son poste, qu’il occupe déjà depuis plusieurs mois en CDI.

Le consultant fait preuve de neutralité bienveillante et il garde toujours à l’esprit que chaque accompagnement est différent.

Ce que nous attendons de ses compétences

Il n’y a pas de parcours de formation type pour ce professionnel. Généralement, il est issu d’une formation en sciences humaines ou ressources humaines. Il est recruté de bac +2 à bac+5, et plus.

Un consultant associe les intérêts, motivations, aspirations professionnelles, contraintes, compétences de la personne accompagnée, ses désirs de retour à l’emploi avec la réalité socioéconomique.

Il est capable de proposer toutes les mesures favorisant la réussite de l’accompagnement personnalisé, à partir d’outils et de la maîtrise du territoire sur lequel il intervient.

Ce que nous en retenons

Ancré dans son territoire, dont il connaît les acteurs socioéconomiques et le marché de l’emploi, le consultant en reclassement guide et conseille autour d’actions sécurisées et individualisées chaque personne, tout en la laissant actrice de ses démarches. Les clefs d’un accompagnement réussi : confiance et actions.

En tant que consultante, j’aime mon métier car j’ai le sentiment d’être utile, de participer au rebond professionnel et aussi personnel des personnes que j’accompagne.

Le métier d’accompagnement vers l’emploi en question

Mal définis dans leurs contours, les métiers de l’accompagnement vers l’emploi ne véhiculent pas toujours une image positive. Ils sont mal connus, parfois soupçonnés de « profiter de la crise ».

Ces métiers sont pourtant de plus en plus déterminants dans un contexte où la transition professionnelle devient inhérente au marché de l’emploi.

Si l’on ajoute à cela le fait que les acteurs et les pratiques sont toujours plus nombreux et pas toujours très lisibles, il nous a paru intéressant de partager avec vous ce qui nous semble être les conditions de réussite de ce métier de l’accompagnement vers l’emploi.

Certaines études disent qu’un jeune changera 13 fois d’emploi dans sa vie. Dès lors, l’accompagnement de ces transitions, parfois des ruptures, devient essentiel pour n’importe quel actif. C’est le métier d’accompagnement vers et dans l’emploi.

Un métier qui fait écho au contexte actuel (discussion autour de la loi travail, Compte Personnel d’Activité…) et qui s’avère être l’un des rouages de la sécurisation des parcours professionnels, enjeu sociétal déterminant.

Depuis 25 ans que CATALYS Conseil l’exerce, nous identifions quelques facteurs de réussite sur ce métier :

  • la nécessité d’un ancrage territorial pour bien connaître le tissu des entreprises, l’offre de formation, les dispositifs mobilisables, les offres d’emploi locales etc…,
  • la nécessaire structuration de partenariats autour du métier, pour couvrir l’ensemble des besoins des personnes en transition ou reconversion (problématique de santé…),
  • l’enjeu d’une plus grande anticipation des entreprises comme les salariés sur la question de l’emploi et des compétences, alors que le sujet n’est que trop souvent posé au moment des ruptures (licenciements, inaptitudes…),
  • l’individualisation des accompagnements pour soutenir les personnes en transition au plus près de leurs besoins, de leurs projets, en fonction de leur profil, ressources…
  • un positionnement des professionnels sur l’accompagnement du changement, au delà de l’outillage dans la recherche d’emploi, car la transition (et encore davantage la reconversion) professionnelle est un processus parfois difficile nécessitant écoute, soutien, empathie, conseil individualisé,
  • une démarche, qui s’inscrit donc d’abord dans une relation humaine, que le digital et le distanciel (qui impactent déjà les pratiques et encore plus demain) devront étayer mais jamais remplacer.

Ces quelques constats, j’ai eu récemment l’occasion de les partager auprès du Conseil d’Orientation pour l’Emploi (COE) auquel CATALYS Conseil était convié, avec trois cabinets confrères. Placé auprès du Premier ministre, le COE est une instance d’expertise et de concertation sur l’ensemble des questions de l’emploi. Un lieu permanent de débat entre les principaux acteurs du marché du travail avec pour objectif d’établir des diagnostics partagés et de formuler des propositions de réforme. Dans le cadre de ses travaux, le COE se penche actuellement sur les métiers de l’accompagnement vers et dans l’emploi, preuve de l’actualité du sujet.

L’occasion aussi pour CATALYS Conseil de militer pour une labellisation de ces métiers de l’accompagnement où émergent aujourd’hui de nombreuses formes de réponses, plus ou moins sérieuses et qualitatives…

Les travaux du COE feront prochainement l’objet d’un rapport à retrouver sur : http://www.coe.gouv.fr/

Reconversion made in Thailand

Il est des reconversions sur tous les continents, aussi en Asie sur les îles du sud de la Thaïlande. Petit reportage sur la reconversion de Mon, ancien ingénieur aux Etats Unis devenu Chef Mon. Que l’on soit de Paris ou de Bangkok, nous avons tous les mêmes rêves, les mêmes questionnements, les mêmes préoccupations quand il s’agit de changer d’activité. Continuer la lecture de Reconversion made in Thailand

Rentrée morose, envie de bouger ? Les 4 clés d’une mobilité réussie

En période de rentrée nous sommes nombreux à nous poser les mêmes questions existentielles : Est-ce que je suis vraiment bien dans ce boulot ? Mon poste peut-il disparaître ? Est-ce que ce n’est pas le moment de changer, d’évoluer ? A défaut de pouvoir répondre à votre place, nous vous donnons ici 4 conseils pour vous permettre d’avancer et pourquoi pas de prendre la bonne décision.

 

Les réformes des retraites récentes et à venir amènent les générations nées à partir des années 60 à imaginer devoir se mettre en mouvement pour pouvoir poursuivre et sécuriser leur prochaine partie de vie professionnelle. Culturellement moins mobiles que les générations qui intègrent le marché du travail aujourd’hui, les salariés dits de la « génération X » seront pourtant de plus en plus rares à réaliser toute leur carrière dans la même entreprise.

 

En effet, les bouleversements technologiques, les restructurations, les problèmes de santé, les ruptures familiales… sont autant de facteurs qui peuvent venir fragiliser un salarié en cours d’emploi. Malheureusement, encore trop rarement l’anticipation est-elle au rendez-vous, tant du côté des salariés que des employeurs, et ce malgré leur « co-responsabilité » en matière de formation professionnelle notamment.

 « Des recettes qui fonctionnent existent »

Les grandes restructurations industrielles de ces 30 dernières années ont amené à des milliers de transitions professionnelles réussies de salariés licenciés pour motif économique. 25 ans d’expérience nous ont conduit à identifier les ingrédients qui sécurisent une mobilité professionnelle :

  • du temps (les parcours de retour à l’emploi sécurisé demandent souvent 6 mois et 2 ans selon le type d’emploi visé : bilan de compétences, formation et/ou VAE, période de stage et de pré-emploi, emploi),
  • un dispositif financièrement sécurisant (à l’instar du Contrat de Sécurisation Professionnel ou du congé de reclassement),
  • un plan d’accompagnement cohérent assorti de réelles mesures d’appui et de soutien notamment des moyens nécessaires pour financer la formation à travers des adaptations au poste ou de véritables reconversions,
  • des accompagnements à créer son propre emploi, à reprendre une entreprise, à évoluer, à sécuriser sa fin de carrière…

Quand on sait que seulement 3 % des inscriptions à Pôle Emploi (hors CSP) émanent de personnes licenciées économiques, on voit que certaines recettes fonctionnent !

Pourquoi ne pas se servir de ces expériences pour imaginer l’accompagnement des salariés en cours d’emploi qui souhaitent se mobiliser sur un nouveau projet, au sein ou en dehors de l’entreprise ?

La formation, les outils bilan de compétences et accompagnement VAE, les entretiens milieu de carrière… ont fait leur preuve mais ne sont pas suffisants. Il faut de la conviction de la part des entreprises sur leur intérêt de voir des salariés se mettre en mouvement, gérer leur parcours professionnel ; il faut du temps et de l’anticipation ; il faut des moyens d’accompagnement (qui existent très souvent), pour sécuriser des projets qui trop souvent se terminent en échec parce que mal construits ou ne voient pas le jour par manque de préparation et de sécurisation.

« Pourquoi attendre la rupture pour se mettre en mouvement ? « 

C’est également notre lecture de l’Accord Interprofessionnel du 11 janvier 2013 et de la loi sur la sécurisation de l’emploi qui en découle. Les partenaires sociaux ont souhaité réaffirmer et renforcer les dispositifs permettant d’avoir une gestion dynamique des Ressources Humaines pour les entreprises, des parcours professionnels pour les salariés.

RH, chercheurs, professionnels de l’emploi et de la formation, … qu’en pensez vous ? Comment faire évoluer nos pratiques, notre culture ?