Archives de catégorie : Points de vue

Entretien professionnel : obligation règlementaire ou levier de management ?

rawpixel-com-252127L’entretien professionnel est obligatoire, à chaque entreprise de transformer l’essai pour en tirer de la plus-value. Isabelle Bodin, Consultante experte, donne son point de vue.

L’entretien professionnel concerne tous les salariés ?

Il a été créé par la loi de mars 2014 sur la formation professionnelle. Il concerne tous les salariés de toutes les entreprises quelle que soit leur taille. L’entretien professionnel a lieu tous les deux ans et après une absence de longue durée (arrêt maladie longue durée, congé maternité, congé parental, congé syndical). Tous les 6 ans, un entretien récapitulatif permet de fait le point sur les formations réalisées pendant cette période, les certifications obtenues et sur l’évolution professionnelle du salarié.

Chaque année le déploiement des entretiens professionnels donne lieu à une information auprès des instances représentatives du personnel.

Pour vous est-ce une charge ou un investissement ?

A la première lecture les employeurs disent que ce n’est pas possible au regard du temps à prévoir.

L’entretien ayant lieu sur le temps de travail, cela représente un coût en temps indéniable pour l’entreprise. Du temps pour mettre un dispositif, structurer des supports, former les managers à la conduite des entretiens, mettre en place un suivi…

Quelle est la valeur ajoutée des entretiens professionnel selon vous ?

Rencontrer régulièrement chacun de ses collaborateurs, échanger sur ses perspectives professionnels, ses souhaits professionnels en interne voire en externe, apporte une valeur ajoutée pour le salarié et l’entreprise.

Pour le salarié, c’est souvent la première fois qu’il échange avec leur manager sur l’entreprise, l’évolution des métiers dans l’entreprise, des postes et qu’il peut s’interroger sur ses souhaites au regard des changements.

Cela devient très intéressant lorsque comment le salarié se situe dans son entreprise, quelles sont les risques par rapport à lui, les questions de vieillissement au travail…

Pour l’entreprise, c’est l’occasion pour le manager d’ajuster son management, d’individualiser son management en prenant en compte les deals qu’ils ont passé lors de l’entretien.

Par exemple ?

Un salarié qui souhaiterait avoir plus d’autonomie dans son travail, peut se voir attribuer un co-pilotage de projet. Un salarié qui souhaiterait changer d’atelier, son manager pourrait lui proposer de réaliser un stage.

Il aurait pu en parler dans la vie quotidienne ? Mais les rencontres et réunions sont souvent opérationnelles. Ces sujets sont rarement évoqués entre deux portes.

Prendre un temps identifié permet d’aborder les choses sous l’angle de l’échange et non pas sur la demande ou la plainte.

Pour l’entreprise c’est l’occasion de renforcer les pratiques de management individualisé des compétences et de la formation des salariés,  dans une perspective d’anticipation. Un salarié aura dans l’entretien, les conditions favorables pour informer son entreprise de son obligation de départ pour suivre un conjoint muté, information importante pour anticiper ses recrutements.

De la même façon l’âge de départ à la retraite et de la gestion de ce départ peut-être abordé. Cela permet à l’entreprise d’anticiper les transferts de compétences dans de bonnes condition.

L’entretien est un temps d’analyse et de synthèse, de la construction de projet concerté entre un salarié et sa structure. C’est à la fois l’aboutissement d’une période mais c’est aussi le point de départ d’un processus à mettre en œuvre tout au long de l’année.

C’est un temps de prise de recul sur le quotidien.

N’est-ce pas un risque pour le salarié de se livrer sur ses questionnements ?

Effectivement, c’est un risque partagé. Selon le format de l’entretien et la transparence du processus, l’entretien peut glisser sur du jugement,… une approche plus affective. Mais cela peut aussi arriver dans le quotidien. Or l’entretien est posé comme un temps de recul, cela se préparer. Moi salarié, avec mes aspirations, mon projet professionnel, mon projet de vie, mes compétences, comment les évolutions de mon environnement de travail vont répondre à mes aspirations ? Est-ce que cela va me permettre de m’éclater ?

Et pour l’entreprise, cela lui permet de détecter des collaborateurs qui vont saisir les opportunités de l’évolution. Réfléchir à l’adéquation des stratégies, de l’entreprise et du salarié. L’adéquation est jouable, pas jouable et à quelle condition.

Plus l’emploi est difficile (investissement physique ou mentale), plus la réflexion sur le parcours professionnel est importante pour mettre en place suffisamment en amont, les leviers avant que les difficultés apparaissent.

L’enjeu est bien là : anticiper !

L’enjeu ne se résume pas à un repérage des besoins en formation. La formation est un des leviers.

Vous avez quelques conseils nous donner ?

Pour la réussite de ce projet il y a quelques points de vigilance :

  • Définir et partager avec tout l’encadrement, les enjeux des entretiens, les axes de la stratégie RH et en quoi les entretiens professionnels peuvent être utile au regard de cette stratégie.
  • S’accorder sur les règles du jeu : qui fait quoi, quand, comment, quelle durée ?
  • Définir le processus avec un amont et un aval, et comment il est articulé avec les autres processus RH (recrutement, mobilité interne, formation, prévention des risques…)
  • Instrumenter et documenter le processus : créer les supports d’entretien adapté à la finalité de l’entretien et à la culture d’entreprise. Éventuellement des guides explicatifs, des supports de traçabilité, pour garder la trace.
  • Un des moyens pour éviter cet écueil, est d’évaluer régulièrement le dispositif pour l’améliorer tant au niveau des outils, du processus que des effets produits.
  • Inscrire l’entretien dans un processus RH de gestion des compétences. Ex : qui donne le feu vert aux demandes exprimées pendant l’entretien (formation, stage dans un autre service….), qui les valide, qui les gère ?
    Si un projet de mobilité vers un autre service est envisagé, qui valide la mise en place d’un stage d’immersion dans ce service ?
  • Conduire les entretiens professionnels nécessite une expertise particulière. Les managers doivent développer leur savoirs-faire de la conduite de l’entretien professionnel. Le manager doit avoir un mode de communication adaptée à l’entretien. On n’est pas sur un entretien d’évaluation de la performance au travail. Il doit rester sur de l’analyse des projets, de l’adéquation ou non entre le projet individuel et le projet de l’entreprise et sur les moyens à mettre en place pour vérifier ou confirmer cette adéquation. Une des fortes compétences à développer c’est l’exploitation et le suivi des entretiens par le manager mais aussi par le service RH. Si l’entretien ne donne pas lieu à un suivi des actions définies, l’entretien restera un moment d’échange entre le collaborateur et son hiérarchique et le processus est voué à disparaître.
  • C’est aussi une compétence collective de l’encadrement, en terme d’implication dans la gestion des RH dans l’entretien. Il ne peut plus se contenter de faire des plannings il est obligé de s’impliquer fortement. Au-delà c’est aussi le développement de compétences managériales.

L’entretien est un acte de management qui agit sur la motivation de chaque membre de l’équipe.

L’entretien professionnel, certes une obligation mais elle est porteuse de valeur ajoutée pour le salarié. C’est un témoignage d’intérêt pour un salarié, renforçant sa motivation. Pour le manager c’est l’occasion de renforcer l’impact de son management et d’influer sur la satisfaction au travail, sur la fidélisation, sur la capitalisation des compétences clés et à terme. L’entreprise ne perd pas son investissement !

 

Merci à Isabelle Bodin,  Consultante expert, Référente GPEC / RH et formation, pour son éclairage sur le sujet

 

Pour en savoir plus

Vous trouverez notamment sur le site d’OPCALIA « Entre 2″ un serious game destiné aux managers qui souhaitent s’entraîner à la conduite des entretiens professionnels. Grâce à Entre 2, vous pouvez vous projeter, en 3D, en situation professionnelle dans un environnement proche de votre vécu.

Basé sur le principe des jeux vidéo, ce simulateur vous permet de conduire, par avatar interposé, un entretien avec un collaborateur virtuel. Comme dans un jeu vidéo, ce dernier réagit en temps réel. Les dialogues et le ton de l’entretien évoluent ainsi dynamiquement en fonction de vos choix de formulation.

Est-il pertinent d’utiliser un agrégateur d’offres d’emploi au cours de mon bilan de compétences ?

Est-il pertinent d'utiliser un agrégateur d'offres d'emploi au cours de mon bilan de compétences -

Abordons une question pratique cette semaine ! Devant la multiplication des outils en ligne favorisant la recherche d’emploi, nous souhaitons aborder la pertinence d’un « agrégateur » au cours d’un bilan de compétences.  Vous n’avez jamais entendu parler d’agrégateur d’offres d’emploi ? Pas de panique ! On vous explique tout dans ce billet.

Vous avez dit « agrégateur d’offres d’emploi » ?

Commençons par le commencement. En effet, inutile d’aller plus loin si on a pas bien saisi ce qu’est un agrégateur d’offres. Il s’agit tout simplement d’un site Internet auquel on indique le job recherché et le secteur géographique visé. Prenant en compte ces critères, l’agrégateur se charge d’aller rechercher des offres d’emploi correspondant à ces critères sur différents sites et de vous les adresser par mail. Plus besoin d’aller visiter nombre de sites emploi et autres « job-boards » (site d’emplois), les offres sont captées par un seul site et vous parviennent par mail. Parmi les principaux sites dans cette catégorie, Indeed et Jobijoba sont parmi les plus connus.

 

Agrégateur et bilan de compétences : quel rapport ? 

S’il est facile de trouver un intérêt dans le service rendu par les agrégateurs dans une phase de recherche d’emploi, il n’est pas si évident d’en percevoir l’intérêt dans le cadre d’un bilan de compétences.

Pourtant, à y regarder de plus près, un bilan de compétences est certes un moment de réflexion sur soi mais également sur son devenir professionnel.

En effet, le bilan de compétences est souvent perçu comme une période où on passe des tests psychotechniques en étant accompagné par un conseiller. Oui, mais pas uniquement car travailler sur un projet nécessite d’avoir une écoute du marché de l’emploi et cela à différents niveaux…

 

Faire une veille de l’emploi sur son propre métier 

Pour chacun, il n’est pas évident de connaître le marché de l’emploi sur un métier. L’idée est simple mais s’avère intéressante. Réaliser une veille sur son propre métier en utilisant un agrégateur permet de suivre les tendances de l’emploi en temps réel. Ces offres peuvent ensuite nourrir une réflexion sur de plusieurs aspects :

« quelles sont les tendances du recrutement dans mon métier ? »

« quels sont les profils recherchés, quelles sont les compétences recherchées ? »

 

Comprendre le marché de l’emploi du « job de mes rêves »

Créer une (ou plusieurs) alerte(s) sur un agrégateur dans le cadre d’une transition professionnelle peut présenter également de l’intérêt et apporter des informations précieuses :

« quelles sont les entreprises qui recrutent sur le métier qui m’intéresse ? »

« quels sont les critères de recrutement ? »

 

Pourquoi ne pas créer plusieurs alertes ?

La création de plusieurs alertes permet ensuite d’enrichir cette veille. En effet, je conseille de créer des alertes sur des territoires alentours pour connaître les tendances de recrutement sur les secteurs géographiques visés.

D’autre part, créer des alertes sur des métiers proches permet d’élargir la veille sans rester cantonner à un seul métier.

 

Un retour d’expérience avec SINAD

Sinad, un agrégateur intéressant

Depuis plus 2015, nous disposons d’un partenariat avec SINAD,  un agrégateur que nous proposons à nos clients, qu’ils soient accompagnés vers l’emploi ou dans leurs projets (bilan de compétences). Après un an d’expérimentation de ce service, voici ce qu’en disent les personnes qui en ont bénéficié*  :

  • Le fait de recevoir des offres d’emploi régulièrement et à une heure matinale (9h) du matin est fortement apprécié. Le fait d’obtenir rapidement l’offre d’emploi au moment où elle paraît est un gage d’efficacité.
  • Le service de l’agrégateur est perçu comme complémentaire d’autres sites car les offres reçues ne sont pas « trouvables ailleurs ».
  • Surtout, lorsque les personnes ont postulé sur les offres reçues par SINAD, 41% ont obtenu des propositions d’entretien d’embauche.
  • Au total, 79% de nos clients considèrent ce service comme étant utile voire très utile.

Devant ce constat, il nous semble pertinent de maintenir cette collaboration avec SINAD et de proposer ce service gratuitement à tous les salariés et les chercheurs d’emploi que nous accompagnons, que ce soit en bilan de compétences ou vers l’emploi.

Vous pouvez nous donner votre avis sur les agrégateurs d’offres d’emploi et sur les usages que vous en faites dans les commentaires de cet article.

*173 personnes ont répondu à l’enquête réalisée entre novembre 2016 et octobre 2017.

5 questions sur la lettre de motivation

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Cette semaine nous souhaitons partager un point de vue sur la lettre de motivation.

Il y a maintenant plus d’un an, nous proposions un article sur le sujet (La lettre de motivation : un mal nécessaire ou un plus ? ). Au vu des multiples questionnements posés sur la lettre de motivation, nous posons 5 questions à une consultante en recrutement pour disposer de son avis d’experte ! Isaure Grün, consultante RH et chargée de recrutement répond à 5 questions sur la lettre de motivation.

 

La lettre a t-elle toujours un intérêt ? 

 « La lettre de motivation est l’opportunité pour le(la) candidat(e) de présenter son profil et son projet. En cela, la lettre est un moyen pour susciter l’intérêt d’être rencontré(e) par le cabinet ou par l’entreprise.

Encore et toujours, la lettre constitue un outil indispensable pour se positionner sur un poste identifié ou adresser une candidature spontanée.

Cependant, ce n’est pas parce que la lettre de motivation est la règle qu’il faut se prêter à l’exercice sans conviction (« je le fais parce qu’il faut le faire mais je n’y crois pas »).

 

En effet, lorsque nous recrutons pour un client, au delà des CV, nous lisons attentivement les lettres de motivations. Et parmi les candidatures, lorsque nous repérons une lettre bien rédigée qui valorise un profil/un projet en adéquation avec les critères recherchés par l’entreprise, c’est un réel atout pour le candidat. Il y a alors de grandes chances pour que nous contactions la personne pour la rencontrer.

Bien sûr, une lettre rédigée avec soin n’est pas la garantie d’être recruté. Mais par expérience, le candidat qui obtient le poste est souvent l’auteur d’une lettre de qualité.

N’oublions pas qu’il s’agit d’un moyen pour le candidat de faire la différence et surtout que la lettre est un outil de communication qui invite le recruteur à rencontrer le candidat ou pas !

 

Que doit-elle comporter ? Que doit-elle dire ?

Il faut sortir des règles et des recettes appliquées par tous. Non, il n’y a pas de lettre type. Il s’agit surtout d’un écrit dans lequel le candidat démontre sa compréhension des contours du poste et/ou des enjeux pour l’entreprise.

A chaque poste, la démarche est différente. Par exemple, pour les postes où la communication est essentielle (la liste est longue), la lettre est un test en soit. En effet, c’est l’occasion pour le candidat de démontrer son esprit d’analyse, de synthèse et ses capacités rédactionnelles. 

En tant que recruteur, nous voyons rapidement si le rédactionnel est au niveau attendu. A titre d’exemple, pour les postes en management ou en communication, la lettre ne peut pas être un écrit standard car les exigences sont plus fortes encore sur ce poste quelles ne le seraient pour un poste à dominance technique, tel que technicien de maintenance ou comptable. C’est la cohérence globale de la lettre qui prime avant tout !

 

Comment réussir l’accroche d’une lettre ? 

Là encore, pas de recette ou de formules types. Tout est une question de “stratégie de communication”.

Il faut éviter les « copier-coller » ou les formules toutes faites facilement détectables. Cela n’a aucune valeur ajoutée.

Pour apporter un éclairage, je conseille de réfléchir à plusieurs questions :

  • Pourquoi postulez-vous à ce poste ? Pourquoi dans cette entreprise ? Pourquoi dans ce secteur d’activité ? Dans quel contexte de votre parcours professionnel ?

  • Quel est votre projet ? Qu’aimez vous faire ?

  • Quelle contribution souhaitez vous apporter à l’équipe ?

  • Pourquoi « vous » ? Quels sont vos atouts? Quel est votre profil ? Quelles ressources vous reconnait-on ?

 

Il s’agit de questions simples, mais utiles pour parler de soi et de son projet.

Chaque paragraphe doit présenter un intérêt. Une lettre synthétique – tout en développant les points majeurs de sa candidature – est toujours plus efficace !

 

L’originalité est-elle recommandée ?

 L’originalité peut permettre au candidat de se différencier. Mais attention, cela doit être bien calibré.

L’originalité n’est pas toujours recherchée dans tous les métiers.

Certaines entreprises recherchent des profils créatifs ou peu conventionnels mais là encore il s’agit de bien doser, pour ne pas induire l’effet inverse ! C’est-à-dire des doutes ou un avis défavorable.

 

Quelles sont les principales erreurs à éviter ? 

La première erreur serait de ne pas rédiger de lettre de motivation. A l’aire du numérique et des SMS, cela arrive régulièrement. Une autre erreur consiste à rédiger une ligne du type : « veuillez-trouver ci-joint mon CV ».

Le candidat doit donner du sens à sa lettre.

Pensez que les lettres ne sont pas lues si vous voulez… Mais si votre lettre est lue, elle doit être convaincante. En résumé : faites la différence !

 

Nous remercions Isaure pour ces informations. Et vous, comment faites-vous la différence dans vos lettres de motivations ? N’hésitez pas à nous le dire dans les commentaires ! 

 

Notre avis sur « Corporate », un film sur le management et le harcèlement

Sortie en salle le 5 avril dernier, Corporate de Nicolas Silhol nous invite dans un voyage au sein du « management par la terreur ». Engagés dans le bien être au travail auprès de nos clients – qu’ils soient salariés, chercheurs d’emploi, créateurs d’entreprise ou employeur – nous avons été curieux de ce film et souhaitons vous partager un avis de professionnels sur un sujet très sensible. Je vous livre ici mon avis, attention Spoiler !

Céline Sallette, Lambert Wilson Source : Télérama
Céline Sallette, Lambert Wilson
Source : Télérama

 

En résumé

Pour commencer, voici le résumé du film : Emilie Tesson-Hansen (Céline Sallette) est une RRH (responsable ressources humaines) à haut potentiel. Engagée par son ancien professeur et mentor Stéphane Fron­cart (Lambert Wilson), DRH au siège d’une multinationale, elle se destine à une brillante carrière au sein du groupe.

Dalmat, collaborateur d’une quarantaine d’année, insiste pour la rencontrer mais cette dernière se dérobe pendant plusieurs semaines. Devenu de plus en plus pressent, il la suit dans la rue et l’empoigne. Emilie Tesson-Hansen, contrainte de lui fournir une explication, finira alors par lui lâcher ces mots «  vous ne comprenez pas qu’on ne veut plus de vous dans l’entreprise, il faut démissionner… ». Quelques heures plus tard, Dalmat se suicide sur son lieu de travail. Une enquête de l’inspection du travail est ouverte….Emilie Tesson-Hansen est dans le viseur.

Si les personnes de ce film sont fictives, les techniques de management employées sont bien réelles

Nicolas Silhol nous met ainsi en garde dés le début de son film : « Si les personnes de ce film sont fictives, les techniques de management employées sont bien réelles ». Isolement, manipulation, mise au placard, évaluation négative à répétition… Tous les ingrédients du harcèlement sont présents avec un objectif chiffré : 10% de démissions en ciblant les séniors les moins productifs ne correspondant plus aux standards de l’entreprise.

Bien qu’il nous présente les conséquences de ce type de management sur les salariés, ce film s’attache à en montrer également les mécanismes en adoptant le point de vue de la RRH.

Il démontre qu’il ne s’agit pas là d’une démarche isolée d’une RRH qui aurait échappée à tout contrôle de sa hiérarchie mais bien d’une pratique managériale imaginée, réfléchie et déclinée comme une stratégie de gestion des ressources humaines de l’entreprise incarnée par Stéphane Fron­cart, le DRH du groupe. Les cadres chargés d’exécuter cette stratégie sont formés, outillés et challengés pour réussir à mener à bien cette mission et atteindre leurs objectifs. L’entreprise a réussi à imaginer une technique de management qu’elle a intitulé ironiquement « Le Management du savoir-Etre », basée sur le harcèlement toutefois sans jamais en prendre complétement le visage.

Première étape, le salarié est invité à participer à une évaluation comportementale permettant d’identifier son degré de proactivité.

Deuxième étape, il est poussé à se mettre en mobilité en l’amenant à penser qu’en tant qu’acteur de sa trajectoire professionnelle, cette décision est pleinement la sienne.

Troisième et dernière étape, en lui proposant une mutation qu’il ne pourra pas accepté du fait d’une situation personnelle difficile, il est poussé à la démission. Objectif atteint pour le RRH.

Une RRH déshumanisée ?

Suite au suicide de son collaborateur, le réflexe d’Emilie Tesson-Hansen sera de « se » couvrir – elle d’abord – et de couvrir l’entreprise ensuite. Nous sommes amenés à suivre cette protagoniste dans son évolution psychologique et dans les choix qu’elle devra mener :Continuera t’elle à se montrer « corporate » comme lui demande sa hiérarchie et ainsi s’assurera-t-elle un avenir au sein du groupe ? Est-elle finalement complice et coupable ou instrumentalisée et victime ?

Totalement dans le contrôle que ce soit de ses émotions et de son apparence, d’une froideur glaçante, elle évoluera dans ses postures avec le soutien de l’inspectrice du travail (jouée par Violaine Fumeau) et finira par dénoncer les pratiques en cours dans l’entreprise, se libérant par la même de l’emprise de son mentor.

Cela fait-il d’elle une héroïne ? Je serais tenté de répondre oui et non. Oui, car elle arrivera à lever le voile sur des pratiques manipulatrices. Non car elle en était en toute conscience l’instrument.

Loin d’être binaire (le bien/le mal), ce film démontre la complexité des relations humaines dans les organisations et du « costume » que nous endossons – plus ou moins consciemment – pour répondre aux exigences de celles-ci.

Et en réalité ?

Le magazine Capital a présenté Corporate comme « le film qui fait hurler les DRH ». En effet, des professionnels interrogés par le journal ont jugé cette fiction irréaliste et néfaste pour l’image de leur métier.

Effectivement, le rôle du RRH, tel que la majorité des professionnels du métier le conçoit, ne correspond surement en rien au « killer » (terme employé par Emilie Tesson-Hansen pour se décrire dans le film) et pourtant nous ne pouvons nier que les pratiques managériales décrites peuvent parfois être observées dans la réalité.

N’oublions pas que de nombreux cadres notamment en RH peuvent être en difficulté et en souffrance parce qu’ils doivent agir parfois en contradiction avec leurs valeurs. Le métier consiste notamment à « gérer » des ressources, cette dimension l’emporte parfois. Le RH est aussi un gestionnaire. La question c’est Quels moyens sont mis en œuvre ? Quelle anticipation et quelle gestion prévisionnelle ? Quel accompagnement des salariés ?

Le film « Corporate » peut être perçu comme une caricature ou comme un témoignage. Néanmoins, il présente à mon sens un intérêt : celui de faire réfléchir sur les formes de management et sur leurs conséquences. En effet, ce film invite chaque manager à s’interroger sur ses propres pratiques quel que soit son niveau hiérarchique et à prendre pleinement conscience des responsabilités individuelles et collectives face à ce type de situation.

Pour ma part, ce film m’a permis de confirmer mon intérêt pour les questions RH et de management, sujet passionnant qui suscite, on le voit, bien des débats.

Vous avez vu ce film ou des extraits, qu’en avez-vous pensé ? Partagez vos réactions dans les commentaires.

Merci à Frédéric Vanlierde pour sa relecture !

 

3 moyens pour susciter l’intérêt d’un recruteur sur les réseaux

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« Comment susciter l’intérêt d’un recruteur sur les réseaux sociaux?  » Cette question est un incontournable lors de nos ateliers sur l’usage des réseaux sociaux dans le cadre d’une recherche d’emploi.

En effet, les réseaux sociaux donnent aujourd’hui l’opportunité de rendre son profil visible au delà de notre cercle de connaissances « de la vraie vie ». Lorsque l’on est en recherche d’opportunité, tout l’enjeu est d’être visible des recruteurs. Sur les réseaux sociaux, il n’y a pas qu’une seule méthode mais un ensemble de règles qui – si elles sont bien mises en pratique – peuvent aboutir au résultat escompté ou du moins y contribuer.

 

Le profil avant tout…

Le profil sur des plates-formes telles que Viadeo ou Linkedin représente une vitrine de qui vous êtes et de vos compétences. Il est très fréquent de rencontrer des personnes qui considèrent le profil comme un simple CV, or ce n’est pas le cas.  Pour « booster » le profil, voici quelques règles de base :

  • une photo renvoyant une image professionnelle ;
  • des mots clés pertinents pour définir votre positionnement professionnel ;
  • un résumé pertinent et qui n’est pas un copier-coller d’une lettre de motivation ;
  • l’ajouts de médias (diaporama, liens vers des vidéos, sites internet) ;
  • cerise sur le gâteau : l’ajout de recommandations sous forme de texte réalisées par des pairs, d’anciens clients/fournisseurs ou de N+1.

Voici les grandes lignes d’un profil complet et efficace. Nous aurons certainement l’occasion d’en dire plus dans un prochain article de blog.

Par ailleurs, gardons à l’esprit l’idée qu’un profil est évolutif, donc qu’il doit être mis à jour. Sur Linkedin, par défaut vos contacts sont informés des modifications que vous faites sur votre profil. En utilisant cette fonctionnalité (mais avec parcimonie), vous pourrez vous rendre visible auprès de votre réseau.

Disposer d’un profil complet nous semble être le socle de la démarche. Inutile de chercher à attirer quiconque sur votre profil, s’il n’est pas complet ni optimisé. Cependant, disposer d’un bon profil sur les réseaux, c’est une chose, mais est-ce suffisant pour susciter l’intérêt du recruteur ?

Ensemble on va plus loin

Beaucoup considèrent que la constitution d’un profil est suffisant et qu’il n’y a rien à faire ensuite. Que nenni ! C’est là que ça devient intéressant. En effet, penser qu’un profil suffira à lui seul à faire tout le travail risque d’amener à quelques désillusions. Effectivement, si on se trouve sur un marché d’emploi « pénurique » (où il y a du travail mais pas de candidat), les chances de se faire approcher par un recruteur sont plus grandes. Mais ce n’est pas le cas pour tous. D’autres actions doivent donc être envisagées.

Un réseau social est avant tout un ensemble de personnes (et/ou d’organisations) qui se retrouvent à un endroit pour échanger, garder le contact, faire du lien, bref pour « réseauter ». Pas la peine d’être un génie en math pour comprendre que le nombre de contacts dont nous disposons sur un réseau social augmente notre capacité à entrer en relation avec d’autres. Cela augmente également la visibilité de notre profil auprès des contacts potentiels.

Connecter son profil à vos connaissances vous permettra d’être visible de leurs contacts.

Une autre stratégie consiste à s’impliquer dans des groupes (des hubs sur Viadeo). Ces groupes permettent aux membres d’un réseau  social d’échanger avec des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt (il en existe plusieurs milliers sur LinkedIn). En faisant quelques recherches, vous trouverez facilement des groupes intéressants.

 

S’impliquer dans son réseau

Pour susciter l’intérêt d’un éventuel recruteur, les réseaux vous permettent de prendre la parole et de vous positionner en tant qu’expert dans votre domaine et cela de plusieurs manières :

  • En partageant votre veille sur les évolutions de votre métier à vos contacts vous augmenterez la visibilité de votre profil ;
  • En réagissant à des articles postés sur les réseaux, en répondant ou en « likant » un article également ;
  • Les plus aguerris publient des articles sur les réseaux ou partagent leurs articles de blog. Quoi de mieux pour illustrer son expérience dans son domaine ?

 

Ces 3 axes nous semblent êtes des éléments de base pour susciter l’intérêt d’un recruteur sur les réseaux sociaux. En tout cas, il s’agit des premières étapes pour aller plus loin sur les réseaux et adopter des actions plus avancées.

Dans nos ateliers sur « les réseaux sociaux et recherche d’emploi », nous accompagnons nos clients sur ces actions. Pour aller plus loin et prolonger la discussion, posez vos questions sur notre groupe LinkedIn ou sur notre page Facebook.

Et vous, quelles sont vos ficelles pour susciter l’intérêt des recruteurs sur les réseaux sociaux ? N’hésitez pas à les partagez dans les commentaires.

 

 

 

 

Loi Travail : Les nouveaux enjeux de la négociation collective

banniere_colloque_droit_socialv2Le 14 mars dernier se tenait à Nantes un colloque sur « les nouveaux enjeux de la négociation collective» organisé par la DIRECCTE des Pays de la Loire et l’ordre des avocats du barreau de Nantes. Soutien des organisateurs de cet événement et partenaire des organisations en changement, CATALYS Conseil était présent lors de ce colloque.

La Loi Travail est désormais entrée en vigueur et fait évoluer plusieurs aspects du droit du travail et du dialogue social : les entreprises ont désormais plus de marges de manœuvre pour construire des accords avec leurs représentants du personnel. C’est d’abord le sens de cette réforme qu’Yves STRUILLOU, Directeur Général du Travail au Ministère du Travail et de l’Emploi, est venu présenter et mettre en perspective pour l’introduction de ce colloque rassemblant environ 150 participants.

colloque

Quatre tables rondes ont ensuite rythmé la journée, proposant différents angles de la loi, avec la participation d’avocats, de représentants la DIRECCTE, de dirigeants d’entreprises et de partenaires sociaux.

La matinée a été l’occasion d’évoquer les principales nouveautés de la Loi El Khomri, dont les accords de préservation et développement de l’emploi (APDE) et les nouvelles modalités de négociation (qui négocie ? dans quels domaines ? à quel niveau ? etc…).

L’après-midi s’est concentré sur la négociation sur la Qualité de vie au Travail, thématique rendue obligatoire dans le dialogue social au sein des entreprises. Enfin, la dernière table ronde a été consacrée à la négociation collective dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, permettant à la DIRECCTE de rappeler le rôle de l’administration dans ce cadre, notamment en terme de validation ; avocat, DRH et élus du personnel ont complété le propos en témoignant de la mise en œuvre des PSE qu’ils ont été amenés à connaître.

Une journée dense et éclairante sur les enjeux et modalités de dialogue social, confiant aux entreprises (employeurs et représentants du personnel) de nouvelles clés pour construire du « droit interne ».

En conclusion, la DIRECCTE des Pays de la Loire présentait l’appui-conseil qu’elle propose aux entreprises de la région souhaitant s’engager dans une réflexion sur les possibilités offertes par la Loi Travail. Une intervention de type diagnostic sur la dimension RH peut ainsi être prise en charge par la DIRECCTE. CATALYS Conseil, attributaire d’un marché d’accompagnement des entreprises en Mutations Economiques en Pays de la Loire et spécialiste du dialogue social, est l’opérateur qui pourra accompagner les entreprises volontaires. Pour plus de renseignements : conseil@catalys-conseil.fr

 

Femmes et métiers d’hommes : impossible n’est pas féminin

Aujourd’hui encore, il y a des métiers réputés pour les hommes et d’autres pour les femmes. C’est une réalité, me direz-vous. Que nenni ! Voici l’histoire de Marie P., que j’ai eu la chance d’accompagner dans son projet de reconversion.

Marie a été licenciée économique en 2014 et a choisi d’adhérer au Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP). Le Pôle Emploi l’a dirigée vers Catalys Conseil pour être accompagnée dans le cadre de son retour à l’emploi.

Christelle : Dans quel état d’esprit avez-vous débuté cet accompagnement?

Marie : Le licenciement a été dur, très dur à accepter. Je l’ai mal vécu, j’ai mis longtemps à le dépasser. Je travaillais au sein d’une entreprise de numérisation de documents où j’étais responsable. Avant encore, j’avais eu la responsabilité du site d’une entreprise. Quand je vous ai rencontrée, je n’avais pas la tête à ça, je souhaitais changer de voie et/ou de secteur, mais j’étais perdue.

C : Nous avons donc mis en place des actions, tels que la passation de questionnaires d’intérêts et motivation et un test de personnalité afin de déterminer des secteurs de recherche qui tiendraient compte de vos intérêts et motivations. Qu’en avez-vous pensé ?

M : Je n’étais pas prête au moment où j’ai passé les questionnaires et test. J’étais tellement perdue que je n’étais motivée par rien. Nous en avons beaucoup parlé. Il y a tout de même des choses qui sont ressorties comme le fait que j’aime bouger, bricoler, les choses techniques, les gens. Nous avons étudié différentes pistes mais rien n’aboutissait.

C : Qu’est-ce qui a débloqué la situation ?

M : Par mon réseau personnel, j’ai eu une offre d’emploi pour Orange. Ils recherchaient des personnes, plus exactement des femmes en contrat de professionnalisation, pour devenir technicien d’intervention multi service. Le processus de recrutement était long mais le poste m’intéressait vraiment : variété des missions, technicité, relationnel clients, et les nouvelles technologies. Et puis, Orange est une grande entreprise, ça me rassurait. Nous avons travaillé ensemble le Cv et la lettre de motivation et j’ai adressé ma candidature.

C : Avez-vous eu des craintes quant au métier et au secteur réputé masculin ?

M : Non, je craignais beaucoup plus le changement, quel qu’il soit, que le milieu.

C : Vous précisez qu’Orange recherchait des femmes pour cette offre. Uniquement ? Pourquoi ?

M : En fait, Orange cherchait à féminiser leurs équipes terrains. C’était une offre d’emploi en contrat de professionnalisation et la formation se passait à Saint-Malo. La promo retenue n’était composée que de femmes.

C : Comment s’est passé le recrutement ?

M : J’ai été retenue pour un premier entretien collectif, à Rennes, où ils nous ont expliqué comment cela allait se dérouler. Il s’agissait d’une POEI : Préparation Opérationnelle à l’Emploi Individuelle, en lien avec le Pôle Emploi. Suite à cela, j’ai eu un entretien individuel, toujours à Rennes, et j’ai été retenue.

C : Comment s’est passée la formation ?

M : La formation s’est bien passée, même si c’était dur au niveau technique, ainsi qu’avec les allers-retours entre Saint-Malo et Brest. J’ai eu 14 semaines de formation à l’IUT de Saint-Malo et quelques semaines d’alternance au sein d’Orange, à Brest. J’ai obtenu le titre professionnel de Technicienne Réseaux et de Télécommunications en Entreprise (TRTE) ainsi qu’un DU en Réseau et Télécommunication en Entreprise, en juillet 2016.

C : Où travaillez-vous aujourd’hui ?

M : Je travaille au sein d’Orange, en CDI. En juin 2016, j’ai passé un entretien à Rennes pour un poste de technicienne au sein de l’unité d’intervention à Brest. Là où j’ai effectué mon contrat d’alternance. Je n’ai eu la réponse qu’une fois que j’ai su si j’avais obtenu mes diplômes, c’est à dire en juillet 2016.

C : Quel est votre quotidien professionnel ?

M : Je suis dans une équipe d’une vingtaine de personnes dont trois femmes. Je suis autonome. Je me rends chez les particuliers et petites entreprises pour réparer leur téléphone ou leurs problèmes avec Internet. Je monte à l’aide de la nacelle au poteau pour vérifier les connexions, je répare les lignes de téléphone, j’installe la fibre, des livebox, décodeurs TV…

C : Ressentez-vous de l’étonnement quand les clients voient une femme ?

M : Oui ! Il y a généralement deux attitudes distinctes. Soit très positive, et ils me questionnent alors beaucoup. Soit négative, et doutent qu’une femme puisse répondre à leurs questions techniques. L’étonnement est général quand je me sers de la nacelle.

C : Vous sentez-vous intégrée au sein de l’équipe, majoritairement masculine?

M : Je suis très bien intégrée. Comme je vous le disais, il y a trois femmes au sein de l’équipe, même si je ne travaille pas avec elles. Si on a besoin d’être aidé, on s’entraide, qu’on soit femme ou homme.

C : Avez-vous déjà eu des tâches dans votre quotidien où il est un inconvénient d’être une femme?

M : Ouvrir les plaques en béton ou en fonte. Nous soulevons les plaques à deux. Il s’agit avant tout de la politique sécurité de l’entreprise. Nous appelons un collègue proche de sa zone de travail dans ces cas-là.

Monter sur une nacelle par mauvais temps.
Marie en action.

C : Etes-vous satisfaite de travailler dans un secteur réputé masculin ? Y voyez-vous des différences ?

M : Je vois du monde, je suis dehors, j’interviens sur du technique. J’aime mon métier. Et j’aime travailler avec des hommes : franc-parler, ambiance d’entraide – chose que je n’avais que très peu connue dans mes précédentes expériences.  Chaque intervention est différente, j’ai beaucoup de choses à apprendre. Donc oui, je suis satisfaite de travailler avec des hommes quasi uniquement, sur un métier technique et réputé masculin.

C : Recommanderiez-vous aux femmes de tenter l’aventure ?

M : Quand je suis arrivée en CSP, jamais je n’aurais imaginé que je ferais ce que je fais aujourd’hui. J’aime bouger, bricoler, je me suis très bien adaptée. Sur mon métier, il faut bien avoir conscience des conditions de travail : je travaille dehors, par tous les temps. Donc, je le recommande, tant qu’elles ont bien conscience du métier.

C : Merci beaucoup Marie de cet échange. À très bientôt.

En théorie, hommes et femmes sont totalement égaux face aux études, à l’orientation, aux métiers et à l’emploi. Aujourd’hui encore, nous vivons dans une représentation très sexuée des métiers qui s’explique en grande partie par le poids des traditions qui donnent une image de certains métiers…

Ce témoignage nous invite à réfléchir. N’est-il pas venu le moment de changer sa façon de voir les choses et de casser les codes ?

Les femmes et les hommes doivent-ils toujours être cantonnés aux mêmes métiers ?

Votre avis m’intéresse.

Congé parental :une belle opportunité de faire le point sur son projet professionnel

Vous vous posez la question de prendre un congé parental ou pas à l’occasion de la naissance d’un enfant. Vous vous demandez sans doute dans quelle aventure vous vous engagez. Suivez le guide !

Pourquoi le Congé Parental a-t-il été créé ?

Le congé parental a été imaginé afin de permettre à un salarié d’interrompre ou de réduire son activité professionnelle pour élever un enfant.

Il est applicable jusqu’aux trois ans de l’enfant ou suite à une adoption.

Créé en 1977, il a d’abord exclu les salariées des petites entreprises ainsi que les pères. En 1994, il est élargi à l’ensemble des salariées et en janvier 2014 aux pères.

Réformé plus récemment, ce congé est un des outils de la politique nataliste menée par la France de longue date. Combiné aux allocations familiales, aides fiscales, modes de garde, etc. , il permet de maintenir un niveau de fécondité stable et élevé.  Avec un taux de 1,96 enfants par femme, la France fait toujours figure de bon élève face à ses voisins européens qui tournent autour d’1,5 enfants par femme.

50 ans après sa création encore beaucoup d’écueils

En tant que consultantes en gestion de carrière, à chaque fois que nous découvrons une interruption liée à l’éducation des enfants dans un CV, nous constatons que c’est systématiquement une femme qui est concernée.

Un homme sur neuf réduit ou cesse temporairement son activité après une naissance c’est-à-dire « seuls 12 % des pères ont modifié leur temps d’activité au-delà de leur congé de paternité ».  Source Insee 1ière N° 1454

Pas une seule fois, en 30 ans de carrière cumulés par nous deux ( Natacha et Isabelle), nous n’avons rencontré d’hommes ayant suspendu leur carrière via un congé parental !

« En France, plus d’une mère sur deux d’enfants de moins de huit ans s’est arrêtée de travailler après la naissance de ses enfants ou a réduit temporairement son temps de travail, c’est-à-dire au moins un mois au-delà de son congé de maternité ». Source Insee 1ière N° 1454 .

Pour les femmes, les conséquences d’une interruption de carrière pour  congé parental  leur sont encore trop souvent  préjudiciables : atteinte plus rapide du plafond de verre, augmentation salariale plus lente, moins de sollicitation pour participer aux projets de l’entreprise, départ impossible en retraite dans le cadre d’une carrière longue, etc.

Autant de raisons invoquées par les hommes pour déclarer forfait ! Voici un exemple avec Anna, que nous avons accompagnée pendant son congé parental. Elle a accepté de nous livrer son témoignage sur le sujet délicat du rôle du conjoint masculin dans cette situation: « Mon mari aurait pu avoir envie de prendre un congé parental mais la pression sociale aurait été trop forte et incompatible avec ses responsabilités. La question ne s’est donc même pas posée. » nous a -t-elle confié.

Autre préjudice souvent constaté, les salariées redoutent leur retour en entreprise, pour des raisons objectives ou non. Dans tous les cas, elles s’attendent à ce que leur retour soit compliqué en particulier après une interruption totale d’activité :

• Peur de ne plus avoir sa place dans l’entreprise. Les collègues ont changé, on ne les connaît plus forcément.

• Crainte d’être moins compétente. Il peut parfois être difficile de retrouver ses réflexes professionnels, d’autant plus lorsque le quotidien des trois dernières années était essentiellement tourné vers l’organisation du foyer et des soins aux enfants.

• Les missions occupées ont pu être réparties entre différents collègues ou confiées à une personne recrutée à l’occasion de son départ. Naturellement, on va se demander où on va atterrir…

• On peut penser que les femmes ayant opté pour un congé parental partiel (à 70 ou 80%)  se retrouveraient ainsi épargnées et pourtant, elles rencontrent souvent des situations analogues. Par exemple, des réunions aux enjeux cruciaux placées systématiquement le mercredi correspondant le plus souvent au jour pris par les femmes.

• Certains employeurs ont du mal à accepter la réduction du temps de travail ou l’interruption totale. Ils peuvent se sentir trahis par leur collaboratrice et avoir du mal à comprendre leur choix. Aussi, il nous est arrivé d’accompagner des femmes mises au placard à leur retour de congés (missions moins intéressantes, refus d’orientation de carrière, etc.)

De ce point de vue, l’expérience d’Anna est intéressante. Elle avait en effet choisi de ne pas réintégrer son entreprise à la fin de son congé parental de trois ans. Le doute s’était alors installé : « j’étais dans l’incertitude vis à vis de mon employeur, je souhaitais obtenir une rupture conventionnelle afin de pouvoir suivre ma formation sereinement, mais je ne savais pas du tout s’il accepterait ou non. Cela m’empêchait de me projeter réellement dans l’avenir. Finalement, tout s’est bien passé.” dit-elle aujourd’hui avec le sourire.

Voyons le bon côté des choses

Malgré ce  constat que la philosophie portée par le congé parental – 50 après sa création – fait toujours face aux mêmes écueils, nous préférons ici nous attacher à en relever les opportunités pour l’avenir.

Le congé parental est une véritable parenthèse de vie, bénéfique à tous points de vue. C’est dans cet esprit, résolument positif, qu’ Anna a vécu son propre congé parental : « Je pense que si je n’avais pas pris un congé parental je n’aurais pas pu entreprendre un bilan de compétence. Je ne dis pas que je n’aurais pas entrepris un changement mais cela aurait été plus compliqué. Quand on gère une vie de famille et un travail, c’est difficile d’avoir du temps de réflexion pour soi. Lorsque l’on est plongé dans le rythme de la vie quotidienne, ce n’est pas évident de caser du temps pour cela ou alors quand les enfants sont grands… »

Au-delà de la vie professionnelle, le congé parental, nous dit Anna est :  » Une belle parenthèse qui permet de se consacrer pleinement à sa famille et de profiter au maximum de ses enfants. C’est une période propice à la remise en question, car même si les journées sont bien occupées, on a tout de même plus de temps pour se poser les bonnes questions. Osez le changement !”

Quelques conseils pratiques

Avant le congé parental :

• Préparez votre employeur :

Le congé parental est un droit. L’employeur ne peut s’y opposer. Toutefois, il pourrait mal interpréter votre décision si celle-ci n’a pas fait l’objet d’échanges avec lui. Plutôt que de lui imposer votre demande par lettre recommandée, il appréciera que vous l’ayez prévenu en amont et de vive voix. Réfléchissez à la durée de votre congé parental et à sa modalité. Total, à temps partiel, pour 6 mois,  1 an, 2 ans …les conséquences ne seront pas les mêmes pour l’entreprise. Exposez lui le fruit de cette réflexion et travaillez ensemble sur les différentes options pour votre remplacement ou sur  les aménagements à mettre en œuvre si vous optez pour un temps partiel. Votre employeur le vivra moins comme une contrainte si des solutions lui sont présentées et si il est associé dés le début à votre projet.

• Aménagez des moments pour soi :

Le temps du congé parental est souvent vécu comme une mise en parenthèse de sa vie professionnelle afin d’investir pleinement son rôle parental. Régulièrement, nous recevons des personnes qui nous indiquent s’être « oubliées » et, pour certain, regrettent de ne pas avoir mis à profit ce temps. Que ce soit pour faire le point sur sa carrière, se former ou se découvrir des nouvelles passions, il ne faut pas oublier que le temps passe vite.

Anna a choisi de réaliser un bilan de compétence pendant son congé parental et témoigne : « N’attendez pas le dernier moment! Malgré tout, le temps passe vite et il suffit que les dossiers administratifs (de financement, notamment !) traînent un peu pour se retrouver pressé par le temps. Et ce n’est pas le but, car un bilan de compétences est une véritable introspection sur soi-même, il nécessite un véritable investissement personnel et demande parfois un peu de temps pour « digérer » les informations obtenues. Sans oublier la mise en place des démarches de reconversion envisagée pour l’avenir. Donc, bien évidemment, il ne faut pas le démarrer juste après l’arrivée de bébé, mais il ne faut pas attendre les deux derniers mois non plus! »

Pensez à vous fixer des objectifs personnels à atteindre pendant le congé parental et aménagez vous des temps pour les atteindre et cela dés le démarrage de votre congé.

• Réfléchissez bien aux impacts sur la retraite !

Même si la retraite vous semble encore loin, le congé parental (notamment si celui-ci est total) peut avoir de réelles conséquences sur vos droits à la retraite.  Nous avons pu accompagner des salariées de la confection âgées de 58 ans convaincues qu’elles pouvaient partir à la retraite à 60 ans au titre de la carrière longue. Malheureusement, elles n’avaient pas pris en compte les années d’interruption professionnelle pour congé parental total dans leur simulation.  Bien que des trimestres soient en effet validés par la sécurité sociale, les années passées hors de l’entreprise ne permettaient pas de cotiser les trimestres nécessaires pour bénéficier d’un départ avant l’âge légal. Renseignez vous auprès de votre caisse de retraite pour connaître l’impact du congé parental sur vos droits.

Pendant le congé parental :

• Profitez en pour vous former

Il est tout à fait possible de vous former ou de demander à bénéficier d’un bilan de compétences pendant votre congé parental. Cela vous permettra de faire le point sur votre plan de carrière et de réactualiser vos compétences. c’est également un excellent moyen de renouer en douceur avec le monde du travail.  Sachez qu’il est possible de mobiliser son Compte Personnel de Formation pendant un congé parental.

• Gardez le contact avec l’entreprise

Plus vous garderez de contacts avec votre entreprise, plus votre retour sera facilité, surtout si votre congé a été de longue durée. Il n’est pas question de prendre quotidiennement des nouvelles de l’équipe mais d’adresser de temps à autre un mail et proposer de déjeuner à l’occasion avec ses collègues. Vous pourrez ainsi vous informer des nouveautés sur les produits, des nouvelles affectations, de toutes informations utiles pour vous permettre de prendre la température et sonder le climat social de l’entreprise.

Vous pouvez également demander à votre employeur de vous tenir informée des évolutions de l’entreprise et de participer aux événements organisés par l’entreprise et son comité d’entreprise.

En gardant le contact avec votre entreprise, vous réduirez le sentiment d’être complètement perdue à votre retour et vous sentirez davantage en confiance.

• Anticipez votre retour

Quelques mois avant votre retour, prenez rendez-vous avec votre employeur pour faire le point avec lui sur les postes disponibles et sur lesquels vous pouvez vous positionner. Avant cet entretien, faites le point sur les compromis que vous êtes prêt à faire.C’est également l’occasion de réaffirmer votre motivation et de lui rappeler votre date de reprise. Vous lui montrerez que vous avez pris vos dispositions pour reprendre le travail dans de bonnes conditions. Ceci sous-entend que vous ayez également réfléchi à une organisation familiale efficiente, favorable à une reprise sereine (mode de garde, nouvelles répartitions de tâches ménagères, …)

Après le congé parental :

Préparez votre entretien de reprise avec votre employeur

Un  entretien professionnel doit être systématiquement proposé par l’entreprise à tout salarié qui reprend son activité après une période d’interruption due à un congé parental à temps plein ou partiel. Cet entretien a pour objectif de faire le point avec vous sur vos perspectives d’évolution professionnelle (qualifications, changement de poste, promotion, etc.) et identifier vos besoins de formation.

Vos souhaits d’évolution seront plus entendus si vous avez préparé cet entretien en mettant en évidence vos compétences et vos qualités professionnelles en lien avec le poste.

• Faites le point régulièrement

Dans les semaines qui suivent votre reprise, vous pouvez solliciter votre employeur afin d’échanger sur votre évolution au sein de l’équipe et de l’entreprise depuis votre retour. Cet entretien pourra également être l’occasion de balayer le plan d’actions construit à l’issu de l’entretien professionnel de reprise et de l’ajuster au besoin.

• Suivez une formation de mise à jour

Si vous n’avez pas pu suivre une formation pendant votre congé parental, il est peut être utile de vous remettre à niveau au moment de votre reprise. Ceci n’est pas toujours si aisée comme l’illustre Anna  « la reprise des études n’est pas si simple, il faut remettre son cerveau en fonctionnement intensif et après 3 ans de congé parental, ce n’est pas le plus facile!”.

Cependant la formation reste un moyen efficace pour booster sa carrière que ce soit en interne (de son entreprise) ou en externe. D’autant plus que le niveau de qualification influencerait l’interruption de l‘activité :

« les moins diplômées cessent plus souvent leur activité alors que les titulaires d’un diplôme de niveau Bac + 2 tendent davantage à la réduire. » Source Insee 1ière N° 1454

Ainsi il apparaît essentiel de faire le point avant de se lancer. Mettre en balances ses priorités, ce qui compte le plus, ce qui compte le moins afin de faire ses choix en connaissance de cause. Tout en envisageant le congé parental comme quelque chose où le père, la mère et les enfants auraient tout à gagner…Qu’en pensez-vous?

 

Article écrit en Collaboration Avec Natacha Gourlay-Cruz, animatrice territoriale et consultante en gestion de carrière.

 

Activ Emploi : une boîte à outil motivante

Activ’Emploi est un accompagnement au retour à l’emploi financé par Pôle Emploi. D’une durée de 4 mois, cet accompagnement a pour objectif d’apporter des outils et des moyens pour rebondir rapidement. En somme, il s’agit d’une boîte à outils dans laquelle la personne en recherche d’emploi trouve :

  • Un conseiller référent et des regards croisés
  • Des ateliers thématiques : CV, lettre de motivation, réseaux sociaux et recherche d’emploi, préparation à l’entretien d’embauche, etc.
  • Un portail web donnant l’accès à des ressources et des outils dématérialisés

Aujourd’hui, nous souhaitons partager avec vous le témoignage de Chimène qui a été accompagnée à Vitré par Lélia Lemoine. Ce témoignage nous semble bien représenter l’importance de la motivation dans la recherche d’emploi.  Et comme le dit Lélia, « le consultant est au côté du demandeur d’emploi, dans l’ombre mais prêt à intervenir dans les moments clés d’une recherche d’emploi ».

 

 

 

Pas de financement pour votre reconversion professionnelle ? La solution: le contrat pro.

Travailler et valider un projet de formation n’offre pas toujours la garantie d’obtenir un financement. En effet, des déceptions peuvent être au rendez-vous.  Malgré la certitude d’être sur la bonne voie, d’avoir bien ficelé son projet, votre demande de financement ( ex : OPCA, OPACIF, Pôle Emploi, Région,  etc.) peut être refusée. Une expérience qu’on ne souhaite  à personne tant elle peut être mal vécue car trouver (enfin) sa voie et ne pas pouvoir la poursuivre est tout simplement décourageant.

Pas de panique !

Il existe des solutions pour sortir de l’impasse. Parmi celles-ci, le contrat de professionnalisation.

Le contrat pro n’a pas la réputation qu’il mériterait. On l’associe trop souvent à l’idée d’emploi précaire et on le croit réservé aux plus jeunes (on a vu dans un précédent article que ce n’est pas le cas).

Pourtant, en 2016, le contrat pro est toujours un puissant outil de retour à l’emploi. Il répond aux besoins du terrain et facilite ainsi l’insertion professionnelle.

Ce mode de formation en alternance fait donc coup double : il permet d’obtenir une qualification tout en développant une expérience professionnelle au sein d’une entreprise.

Un contrat pro ? C’est payé au Smic !

La loi impose une rémunération minimale indexée sur le Smic, qui  varie selon l’âge et le niveau de qualification du salarié. Même si ce n’est pas un plafond, le Smic est souvent la rémunération appliquée. Nous avons conscience que cela peut constituer un frein, en particulier pour des personnes qui ont atteint un niveau de salaire conséquent . Cependant, dans nos pratiques de consultants, nous rencontrons assez souvent des personnes qui choisissent de renoncer temporairement à leur niveau de salaire pour embrasser une nouvelle carrière.

Concrètement, comment ça se passe ?

La démarche de recherche d’un contrat de professionnalisation commence par un travail de réflexion pour vérifier que l’idée est bonne et qu’elle est réalisable. Cela passe par des recherches documentaires, des tests d’intérêts  et de personnalité, des enquêtes auprès de  professionnels, stages, etc. Cela repose dans un second temps sur l’utilisation des outils et techniques de recherche d’emploi.

Dans cette démarche il est judicieux de cibler l’ensemble des organismes dispensant la formation identifiée et d’y candidater car ils peuvent être porteurs d’offres. Autrement dit : vous pouvez trouver un contrat de professionnalisation grâce à votre organisme de formation.

En effet, de plus en plus d’entreprises, en particulier dans des secteurs en tension (qui ont des difficultés à recruter), apprécient de communiquer leurs offres pour trouver des profils adaptés face aux problématiques rencontrées pour trouver des profils.

Illustration avec un centre de formation professionnel

L’Afa est spécialisée dans le secteur du transport, de la manutention et de la sécurité. 

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Selon son directeur, Yohann Baumard, le contrat pro « est un levier efficace et exigeant, c’est un bon moyen d’accès à l’emploi pour les métiers du transport  au vue du coût pédagogique des qualifications exigées ».

 » Le contrat pro est un véritable sésame pour l’accès à l’emploi durable quand la qualification est obtenue et qu’un bon comportement professionnel est validé. » Yohann Baumard, directeur de l’Afa.

Cependant, ajoute-t-il, « il ne faut pas perdre de vue que si ce dispositif est gratuit et rémunéré pour le stagiaire en formation, il a un coût pour l’employeur. Les candidats doivent être prêts à accepter de passer une série de tests de sélection. »

Concernant la rémunération au SMIC d’un contrat pro, Yohann Baumard précise que « la formation dans le transport dure de 3 à 6 mois et qu’une fois la qualification obtenue, le minimum conventionnel peut être assez facilement atteint et permettre des conditions de rémunération plus élevées. »

Selon le directeur de cet organisme de formation, les besoins en recrutement dans le secteur du transport sont actuellement importants. Auparavant, explique-t-il, les recrutements étaient saisonniers et dépendaient des besoins à court terme. Aujourd’hui une entreprise dans ce secteur n’hésite pas à recruter une personne qui possède un profil adéquat même si elle n’a pas de poste à pourvoir dans l’immédiat.

Quelques  précisions

Le contrat de professionnalisation permet donc, tout en étant salarié à part entière d’une entreprise, d’acquérir une qualification professionnelle reconnue par l’état et / ou la branche professionnelle.

Il concerne tous les secteurs (tous les employeurs assujettis au financement de la formation professionnelle continue), à l’exception de l’État, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics à caractère administratif.

Cependant, des dispositions spécifiques existent pour certains employeurs. Pour exemple, les établissements publics industriels et commerciaux et les entreprises d’armement maritime peuvent conclure des contrats de professionnalisation.

Ce contrat peut être à durée limitée pour une durée comprise entre 6 et 12 mois ( CDD). Cette durée peut être portée directement à 24 mois pour les personnes sans qualification ou bénéficiaires du RSA, de l’ASS, de l’AAH ou sortant d’un contrat aidé.

Il est possible de renouveler une fois un contrat de professionnalisation à durée limitée avec le même employeur si:

  •  la seconde qualification visée est supérieure ou complémentaire à la première
  • le bénéficiaire n’a pu atteindre la qualification préparée pour cause d’échec à l’examen, maternité ou adoption, accident du travail, maladie, défaillance de l’organisme de formation.

Il peut être aussi à durée indéterminée. Dans ce cas, les règles de durée maximale (12 ou 24 mois) portent sur la période de professionnalisation, c’est-à-dire la première phase du contrat qui s’effectue en alternance avec l’organisme de formation. Quelle que soit la forme du contrat (à durée limitée ou CDI), le contrat peut comporter une période d’essai.

Vous voilà en possession d’une autre piste de financement…Peut-être une nouvelle page à écrire sur le livre de vos projets ?               Déjà fait ? Partagez votre expérience du contrat pro en ajoutant un commentaire.

Pour plus d’informations sur le contrat pro et vos choix professionnels, contactez-nous. Pour en savoir davantage sur les formations dans le secteur du transport, contactez directement notre partenaire Afa.