Tous les articles par Christelle Lavocat

De formation en psychologie clinique et psychopathologie, je suis consultante en reclassement et chef de projet chez Catalys Conseil.

Discrimination et travail : comment agir?

Dans le cadre de nos accompagnements, nous observons que la discrimination au travail existe et qu’elle peut prendre plusieurs formes. Parce que nous sommes témoins de ce sujet, et à quelques jours de la journée contre le racisme, zoom sur les motifs de discrimination et les recours envisageables. Que dit la loi?

Les prétextes à la discrimination

Selon le ministère de l’emploi : une personne est discriminée lorsqu’elle est traitée différemment au travail uniquement en raison de :

  • son sexe, ses mœurs, son orientation sexuelle
  • sa situation de famille, sa grossesse
  • son appartenance ou non appartenance (réelle ou supposée) à une ethnie, une nation
  • son nom de famille
  • son lieu de résidence, son origine géographique
  • ses opinions politiques, ses activités syndicale sou mutualistes, ses convictions religieuses
  • son âge, son apparence physique, son état de santé, son handicap (sauf inaptitude constatée par le médecin du travail) ou ses caractéristiques génétiques
  • la précarité de sa situation économique

Au regard de la loi, tout apprenti, stagiaire, salarié, est protégé. Une personne ne peut être sanctionnée ou licenciée pour avoir rapporter des faits discriminants.

Les recours possibles

  • Porter plainte au pénal

Vous devez vous adresser à un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie. La plainte est ensuite transmise au procureur de la République.

  • Saisir les prud’hommes

Un salarié ou un candidat à un emploi peut saisir le conseil des prud’hommes pour régler tout conflit sur un cas de discrimination ou contester un refus d’embauche.

  • Saisir l’inspection du travail

Contacter l’Unité départementale de la Direccte

  • Saisir le Défenseur des droits

Vous pouvez saisir le Défenseur des droits qui vous assistera et vous orientera dans vos démarches par le biais d’un parlementaire (député, sénateur ou un représentant français au Parlement européen) de votre choix ou en ligne : https://formulaire.defenseurdesdroits.fr/code/afficher.php?ETAPE=accueil_2016

Concernant le secteur public

Un agent public ne doit faire de la même manière l’objet d’aucune discrimination. Cependant des spécificités existent.

Vous pouvez les retrouver sur: https://www.service-public.fr

Ce phénomène existe bel et bien. Il ne s’agit pas de réaliser une étude statistique autour de ce sujet épineux mais d’apporter des premières sources d’informations à toutes personnes s’interrogeant, constatant ou subissant des situations discriminatoires. En effet, tout le monde peut y être confronté au cours de sa vie professionnelle.
N’hésitez pas à apporter votre regard, votre expérience, vos conseils dans les commentaires à cet article.

 

Article rédigé en collaboration avec Isabelle Lagrange consultante en gestion de carrière

Femmes et métiers d’hommes : impossible n’est pas féminin

Aujourd’hui encore, il y a des métiers réputés pour les hommes et d’autres pour les femmes. C’est une réalité, me direz-vous. Que nenni ! Voici l’histoire de Marie P., que j’ai eu la chance d’accompagner dans son projet de reconversion.

Marie a été licenciée économique en 2014 et a choisi d’adhérer au Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP). Le Pôle Emploi l’a dirigée vers Catalys Conseil pour être accompagnée dans le cadre de son retour à l’emploi.

Christelle : Dans quel état d’esprit avez-vous débuté cet accompagnement?

Marie : Le licenciement a été dur, très dur à accepter. Je l’ai mal vécu, j’ai mis longtemps à le dépasser. Je travaillais au sein d’une entreprise de numérisation de documents où j’étais responsable. Avant encore, j’avais eu la responsabilité du site d’une entreprise. Quand je vous ai rencontrée, je n’avais pas la tête à ça, je souhaitais changer de voie et/ou de secteur, mais j’étais perdue.

C : Nous avons donc mis en place des actions, tels que la passation de questionnaires d’intérêts et motivation et un test de personnalité afin de déterminer des secteurs de recherche qui tiendraient compte de vos intérêts et motivations. Qu’en avez-vous pensé ?

M : Je n’étais pas prête au moment où j’ai passé les questionnaires et test. J’étais tellement perdue que je n’étais motivée par rien. Nous en avons beaucoup parlé. Il y a tout de même des choses qui sont ressorties comme le fait que j’aime bouger, bricoler, les choses techniques, les gens. Nous avons étudié différentes pistes mais rien n’aboutissait.

C : Qu’est-ce qui a débloqué la situation ?

M : Par mon réseau personnel, j’ai eu une offre d’emploi pour Orange. Ils recherchaient des personnes, plus exactement des femmes en contrat de professionnalisation, pour devenir technicien d’intervention multi service. Le processus de recrutement était long mais le poste m’intéressait vraiment : variété des missions, technicité, relationnel clients, et les nouvelles technologies. Et puis, Orange est une grande entreprise, ça me rassurait. Nous avons travaillé ensemble le Cv et la lettre de motivation et j’ai adressé ma candidature.

C : Avez-vous eu des craintes quant au métier et au secteur réputé masculin ?

M : Non, je craignais beaucoup plus le changement, quel qu’il soit, que le milieu.

C : Vous précisez qu’Orange recherchait des femmes pour cette offre. Uniquement ? Pourquoi ?

M : En fait, Orange cherchait à féminiser leurs équipes terrains. C’était une offre d’emploi en contrat de professionnalisation et la formation se passait à Saint-Malo. La promo retenue n’était composée que de femmes.

C : Comment s’est passé le recrutement ?

M : J’ai été retenue pour un premier entretien collectif, à Rennes, où ils nous ont expliqué comment cela allait se dérouler. Il s’agissait d’une POEI : Préparation Opérationnelle à l’Emploi Individuelle, en lien avec le Pôle Emploi. Suite à cela, j’ai eu un entretien individuel, toujours à Rennes, et j’ai été retenue.

C : Comment s’est passée la formation ?

M : La formation s’est bien passée, même si c’était dur au niveau technique, ainsi qu’avec les allers-retours entre Saint-Malo et Brest. J’ai eu 14 semaines de formation à l’IUT de Saint-Malo et quelques semaines d’alternance au sein d’Orange, à Brest. J’ai obtenu le titre professionnel de Technicienne Réseaux et de Télécommunications en Entreprise (TRTE) ainsi qu’un DU en Réseau et Télécommunication en Entreprise, en juillet 2016.

C : Où travaillez-vous aujourd’hui ?

M : Je travaille au sein d’Orange, en CDI. En juin 2016, j’ai passé un entretien à Rennes pour un poste de technicienne au sein de l’unité d’intervention à Brest. Là où j’ai effectué mon contrat d’alternance. Je n’ai eu la réponse qu’une fois que j’ai su si j’avais obtenu mes diplômes, c’est à dire en juillet 2016.

C : Quel est votre quotidien professionnel ?

M : Je suis dans une équipe d’une vingtaine de personnes dont trois femmes. Je suis autonome. Je me rends chez les particuliers et petites entreprises pour réparer leur téléphone ou leurs problèmes avec Internet. Je monte à l’aide de la nacelle au poteau pour vérifier les connexions, je répare les lignes de téléphone, j’installe la fibre, des livebox, décodeurs TV…

C : Ressentez-vous de l’étonnement quand les clients voient une femme ?

M : Oui ! Il y a généralement deux attitudes distinctes. Soit très positive, et ils me questionnent alors beaucoup. Soit négative, et doutent qu’une femme puisse répondre à leurs questions techniques. L’étonnement est général quand je me sers de la nacelle.

C : Vous sentez-vous intégrée au sein de l’équipe, majoritairement masculine?

M : Je suis très bien intégrée. Comme je vous le disais, il y a trois femmes au sein de l’équipe, même si je ne travaille pas avec elles. Si on a besoin d’être aidé, on s’entraide, qu’on soit femme ou homme.

C : Avez-vous déjà eu des tâches dans votre quotidien où il est un inconvénient d’être une femme?

M : Ouvrir les plaques en béton ou en fonte. Nous soulevons les plaques à deux. Il s’agit avant tout de la politique sécurité de l’entreprise. Nous appelons un collègue proche de sa zone de travail dans ces cas-là.

Monter sur une nacelle par mauvais temps.
Marie en action.

C : Etes-vous satisfaite de travailler dans un secteur réputé masculin ? Y voyez-vous des différences ?

M : Je vois du monde, je suis dehors, j’interviens sur du technique. J’aime mon métier. Et j’aime travailler avec des hommes : franc-parler, ambiance d’entraide – chose que je n’avais que très peu connue dans mes précédentes expériences.  Chaque intervention est différente, j’ai beaucoup de choses à apprendre. Donc oui, je suis satisfaite de travailler avec des hommes quasi uniquement, sur un métier technique et réputé masculin.

C : Recommanderiez-vous aux femmes de tenter l’aventure ?

M : Quand je suis arrivée en CSP, jamais je n’aurais imaginé que je ferais ce que je fais aujourd’hui. J’aime bouger, bricoler, je me suis très bien adaptée. Sur mon métier, il faut bien avoir conscience des conditions de travail : je travaille dehors, par tous les temps. Donc, je le recommande, tant qu’elles ont bien conscience du métier.

C : Merci beaucoup Marie de cet échange. À très bientôt.

En théorie, hommes et femmes sont totalement égaux face aux études, à l’orientation, aux métiers et à l’emploi. Aujourd’hui encore, nous vivons dans une représentation très sexuée des métiers qui s’explique en grande partie par le poids des traditions qui donnent une image de certains métiers…

Ce témoignage nous invite à réfléchir. N’est-il pas venu le moment de changer sa façon de voir les choses et de casser les codes ?

Les femmes et les hommes doivent-ils toujours être cantonnés aux mêmes métiers ?

Votre avis m’intéresse.

Il était une fois… l’entretien de recrutement

Enfin ! Enfin ! Enfin ! Suite à l’envoi de mon CV et de ma lettre de motivation, l’entreprise me propose un entretien. Je suis ravie, fière que ma candidature soit retenue et bien entendu… stressée. Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire de plus ? Voici deux histoires,  dans deux contextes différents, mais qui servent un seul et même but : réussir son entretien.

Deux jeunes femmes ont bien voulu se prêter au jeu et répondre à mes questions : Lucie El Assri, que j’ai accompagnée dans le cadre d’un bilan de compétences et qui s’est présentée à l’oral au concours d’aide-soignante, et Soriya Sok, accompagnée par une de mes collègues dans le cadre d’une prestation Pôle Emploi.

Chapitre 1 : comprendre et se préparer

Alors oui, je vais enfoncer des portes ouvertes : je ne me rends pas à un entretien la fleur au fusil et le coeur en bandoulière. Je me prépare. À quoi, me direz-vous ? Et comment ?

Comprenons avant tout l’essentiel. L’entretien sert au recruteur à bien vérifier que nous correspondons au poste, que nous intégrerons l’entreprise facilement et sans heurt. Il exigera également que nous soyons rapidement opérationnel et rentable – ne nous le cachons pas.

De notre côté – oui, oui, nous aussi nous avons nos propres buts – il est nécessaire de bien vérifier que le poste correspond à l’offre, de poser des questions et de renouveler notre intérêt et nos motivations.

« Il faut savoir qu’entre l’entreprise et le candidat, il y a un besoin réciproque et il ne faut surtout pas l’oublier. En tant que candidat, nous sommes à pied d’égalité avec l’entreprise, et prendre conscience de cela m’a permis d’aller à cet entretien en toute confiance. Je pense que les recruteurs l’ont ressenti. Surtout, il faut rester soi-même et naturel » précise Soriya.

Donc, j’ai repéré l’offre, adapté ma candidature, je dois, de la même manière, préparer un plan adapté de ce que je vais dire de mon parcours de formation, professionnel et éventuellement extra professionnel, en lien avec les critères de l’offre.

J’appuie, j’argumente, je donne des chiffres, des exemples… les faits sont des arguments forts et en disent long sur nous.

Lucie témoigne : « J’ai appris à cadrer mes idées, respecter la chronologie des choses et être cohérente dans mon parcours, à développer beaucoup plus mes expériences ainsi que mes compétences en m’appuyant sur mon portefeuille de compétences réalisé au début du bilan. »

Il ne faut pas écrire l’ensemble de ce que vous souhaitez dire. Vous allez  donner l’impression de « réciter votre leçon » lors de l’entretien, de faire un monologue, et surtout, si vous êtes coupé dans votre lancée, de perdre le fil et donc vos moyens.

Ainsi, je vous suggère de jeter des idées, des mots clés, dans un plan. Cela vous permettra les associations d’idées et augmentera vos chances de conserver votre naturel lors de cette rencontre.

Car oui, c’est une rencontre, un dialogue, une interaction !

Ce n’est pas un robot face à nous, mais une personne, qui n’est pas forcément rompue aux techniques d’entretien et qui peut être aussi stressée que nous.

Il est vrai qu’il n’y a pas non plus que des recruteurs très sympathiques, certains peuvent mettre mal à l’aise… Encore une fois, tous les recruteurs ne sont pas formés aux techniques de l’entretien.

Il y a autant de formes d’entretien que de personnes qui les mènent. Mon travail de candidat est de m’adapter et de convaincre de l’intérêt de ma candidature si je suis toujours motivé, mais de ne pas tout accepter non plus.

J’anticipe des questions potentielles, pour lesquelles je prépare une réponse. Voici, pêle-mêle quelques questions récurrentes :

  • Quels sont vos 3 qualités et 3 défauts?  : Nous allons éviter « j’ai les défauts de mes qualités », « je n’en n’ai pas », « …euh… ». Il faut entendre cette question non pas comme un piège, mais au contraire comme la possibilité pour nous de démontrer que nous savons prendre du recul, identifier nos points forts et faibles pour le poste sur lequel nous nous présentons
  • Accepteriez-vous d’être managé par une femme ?  « Bien sûr, se sont les femmes qui gouvernent, non ? » Qui répondrait non à cette question ?
  • Pourquoi avez-vous été licencié ? Je n’ai pas à avoir honte de ma situation, quelle qu’elle soit. Je l’explique simplement, sans critiquer mon ancien employeur pour autant.
  • Si vous étiez un animal, quel serait-il ? Evitons le requin, ça me paraît un peu carnassier.
  • Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Le but n’est pas de dire « chez, vous, sur le même poste ». Et l’ambition, alors ? « Je me vois sur un poste.., avec des missions autour de… »
  • Pourquoi vous ?  Je fais un condensé de mes atouts et compétences pour le poste, avec des mots-clés mais sans répéter les mêmes qualités. Varions les plaisirs, nous avons une jolie langue française.

Chapitre 2 : Je suis prêt, je fais une simulation

Ne négligeons pas l’opportunité de s’entraîner. Essentiel pour repérer la cohérence de ce que nous voulons dire, nos tics de langage et l’image que nous donnons. En effet, la communication non verbale est aussi essentielle que ce que nous allons dire.

L’habit ne fait pas le moine, mais y contribue.

Je me mets cet adage en tête pour préparer mon entretien. Je ne me rends pas à un entretien en bermuda et tongs (hé oui, même s’il fait chaud), je mets du déodorant et du parfum (mais pas en quantité industrielle), et je m’assois bien sur ma chaise (je pose bien mon assise mais je vais cependant éviter de m’adosser pour ne pas m’avachir). Je peux parler avec les mains, mais je ne fais pas de grands gestes, j’évite de triturer alliance, collier ou lunettes.

Si vous ne pouvez pas réaliser une simulation, je vous invite à vous filmer, ne serait-ce que pour vous écouter exprimer votre parcours et motivations et aussi vous regarder. Vous verrez, c’est passionnant.

Revenons à nos deux héroïnes, qui ont pu bénéficier de simulations avec leurs consultantes et aussi avec des collègues du cabinet.

« Tout d’abord nous avons fixé deux dates pour faire une simulation d’entretien. Pour la première simulation, Christelle m’a laissé me débrouiller toute seule et s’est montrée très déstabilisante ce qui m’a fait perdre tous mes moyens. Le résultat n’était vraiment pas au niveau de ce qu’attend le jury. Elle m’a alors donné beaucoup de conseils, note Lucie. Je me suis alors beaucoup remise en question. J’ai travaillé chez moi, seule, en me donnant pour objectif de réussir ce concours. Au moment du deuxième entretien, les choses se sont passées totalement différemment car j’avais pris confiance en moi. Durant cet entretien, j’étais vraiment dans les conditions d’examen car en effet Christelle était accompagnée d’une de ses collègues. La première partie portait sur un sujet sanitaire et social, puis la seconde sur mon parcours et mes motivations. Elles m’ont posé beaucoup de questions pour vraiment me mettre en situation. Suite à ces vingt minutes d’entretien nous avons fait un débriefing qui s’est révélé positif, surtout sur la partie motivation, il me restait à travailler davantage sur les sujets sanitaires et sociaux. »

Autre témoignage, celui de Soriya.

Soriya : « Lors de la simulation d’entretien, ma conseillère m’a aidé à cerner plus précisément ma personnalité. Dans mon cas, elle a tout de suite identifié mes qualités et défauts. Elle m’a aidé à les valoriser dans le cadre du travail, et notamment grâce à l’illustration avec mes précédentes expériences. Cette préparation à l’entretien m’a permis de relativiser et de me rendre à l’entretien en toute confiance. Le marché du travail est aujourd’hui très difficile et nous, en tant que candidat, nous nous mettons souvent en situation de « demande ». Certes, il se peut qu’il y ait beaucoup de candidats, et nous tentons de mettre en avant nos qualités sauf qu’il ne faut pas tomber dans le piège d’être quelqu’un d’autre/ de jouer un autre rôle. Je pense que les recruteurs le voient assez rapidement. »

Chapitre 3 : Je mène mon entretien

Soriya nous raconte le sien :

« Mon entretien s’est déroulé de la façon suivante : un entretien avec un profil opérationnel, un entretien RH, la rédaction d’une lettre de motivation et un test d’anglais. Le test d’anglais était un QCM.
Au final, il s’est bien passé, avec une issue positive. Je suis tombée entre autres sur « quelles sont vos prétentions salariales » et « citez moi 3 qualités/3 défauts ». J’ai abordé ces questions de façon sereine vu que je les avais préparées. L’entretien opérationnel s’est également bien passé : il y a eu des questions « pièges »  auxquelles j’ai pu répondre en toute honnêteté et en justifiant ma réponse. S’il y a des questions inattendues, prenez le temps d’y réfléchir avant de vous lancer. Répondre trop précipitamment à une question peut faire croire au recruteur que vous n’êtes pas sûr de vous et il peut creuser ensuite dans ce sens là. »

Pour Lucie :

« Mon entretien s’est déroulé face à un jury. J’en retire beaucoup de bénéfices car ces simulations m’ont permis de réussir le concours d’aide-soignante, de prendre confiance en moi, mais aussi de me préparer pour de futurs entretiens d’embauche. »

Epilogue : Les conclusions de Soriya et Lucie

Pour Lucie :

 « Ces simulations d’entretien m’ont permis de voir comment se déroule un oral, ils m’ont été d’une grande utilité car j’ai pu bénéficier d’une préparation, d’un entrainement et ainsi ne pas me diriger vers l’inconnu. Cela m’a vraiment mis en condition ».

De son côté, Soriya estime :

« À ma grande surprise, Catalys a été d’une aide précieuse dans ma recherche d’emploi. En effet, j’ai pu faire le point avec eux, sur mon CV et mes lettres de motivation et même pour une réorientation. Cela m’a également permis de mettre en place un « plan d’action », et me tenir à un calendrier de « rédaction CV et lettre – envoi – relance ».  J’ai également passé du temps sur l’espace personnel mis à disposition par Catalys : il y a une source importante de documents et de sites internet qui vous donnent les clés pour réussir la rédaction d’un CV ou d’une lettre, …
Par ailleurs, il est important de ne pas faire cavalier seul.

Toutes nos félicitations ! Lucie intègre donc la formation pour devenir aide-soignante en septembre, et Soriya est actuellement en formation organisée par l’entreprise avant de commencer son contrat.

Conclusion  : petits rappels et quelques conseils de dernières minutes sur l’entretien

Je sais que vous allez revenir vers moi en me disant, « moi, mon entretien ne s’est pas passé comme ça », ou encore « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dîtes ». Et vous aurez raison.

Je n’ai effectivement pas abordé tout dans ce seul article, qui me paraît déjà assez conséquent, j’ai souhaité surtout m’appuyer sur ces deux témoignages. Je n’ai pas fait d’approche théorique de l’entretien.

N’hésitez pas à me le réclamer si vous le souhaitez.

Enfin, quelques petits conseils :

  • Repérer les lieux avant l’entretien
  • Ayez 5 minutes d’avance, il n’est pas nécessaire d’arriver trop tôt, vous ne savez pas combien de temps vous pouvez attendre
  • Sachez le nom de la personne qui vous reçoit. Une astuce, demander à la personne de vous épeler son nom lors de l’appel qui fixe le RDV, elle prendra toujours le temps de le faire
  • Soyez certain de l’heure du RDV. Ainsi, lors de l’échange téléphonique, répéter l’heure à votre interlocuteur
  • Si vous allez être en retard, prévenez l’entreprise
  • Evitez d’avoir des impératifs le jour de l’entretien, vous pouvez avoir plusieurs entretiens dans une même journée, avec différents interlocuteurs. Organisez-vous.
  • Renseignez-vous sur l’entreprise
  • Préparer des questions sur le poste, les missions, l’évolution, l’entreprise, le salaire et les avantages (nous ne travaillons pour la gloire)
  • Ne vous mésestimez jamais, si vous avez un entretien, 80% du chemin est parcouru : sur la base de votre CV et LM vous êtes retenu pour le poste, l’entretien permet de parcourir les derniers 20%

Et surtout, surtout, n’oubliez pas : soyez convaincu pour être convainquant !

Photo de couverture : Tim Gouw

La lettre de motivation : un mal nécessaire ou un plus ?

Les consultants en reclassement, les entreprises, les agences intérims exigent tous une lettre de motivation. Pourquoi suis-je obligé d’écrire une lettre, alors que mon CV explique déjà mon parcours et que le plus simple est de me recevoir en entretien?

Mais je suis obligé de m’y coller, au risque de voir écarter ma candidature. Et voilà la page blanche.

5 conseils élémentaires

La lettre de motivation doit être personnalisée, adaptée à l’offre et répondre aux critères recherchés par l’entreprise. Il y a un travail d’analyse du parcours et des compétences, à réaliser pour argumenter l’adéquation de sa candidature avec les attendus du poste, sans faire un copier coller du CV et de l’annonce.

Lettre de motivation

Il faut prêter attention à :

  1. Préparer des exemples de son parcours pour amener les compétences exigées dans l’offre
  2. Parler dans un temps présent et non passé : « je savais faire », « j’avais pour mission » ne montrent pas le dynamisme réel de sa candidature
  3. Ne pas être victime mais acteur de son parcours. Il faut éviter « j’ai été licencié de… », « je suis actuellement à la recherche d’un emploi », « sans emploi, j’ai besoin de travailler »
  4. Choisir 2 à 3 qualités et les mettre en valeur, il est moins intéressant de voir une énumération de toutes les qualités possibles et imaginables que vous avez. « Je suis sociable, dynamique, j’ai l’esprit d’équipe, organisé, rigoureux et polyvalent ».
  5. La structure de la lettre : l’accroche, 2 paragraphes de développement, demande d’entretien et formule de politesse

Retenons avant toute chose que chaque lettre de motivation est unique. Elle doit être personnalisée et adaptée à une et seule offre.

Le point de vue d’Isaure Grün

Isaure est chargée de recrutement au sein de Catalys Conseil.

Même si certains s’attachent à dire que la lettre n’est pas toujours lue, quand elle est lue, elle doit être pertinente !!

L’analyse d’une lettre de motivation permet de :

  1. Évaluer la capacité du candidat à comprendre l’annonce, c’est à dire : les attendus du poste en terme de compétences techniques, connaissances et le profil recherché
  2. Convaincre de l’adéquation entre le profil du candidat et les contours du poste à pourvoir
  3. Rendre légitime la candidature
  4. Commenter son parcours (sans répéter le CV) mais surtout de développer ses motivations et comment le candidat se représente le poste
  5. Valoriser le projet du candidat et bien sûr l’adéquation avec les exigences du poste et /ou de l’entreprise

C’est un positionnement professionnel et un bon support à l’entretien, un outil stratégique de communication !
Au delà des éléments « descriptifs et objectifs » du CV, la lettre permet de confirmer l’intérêt que l’on a de rencontrer le candidat en entretien. Le recruteur attend à travers la lettre une projection dans le poste. Enfin, plus le poste est à responsabilités, plus la lettre est regardée « à la loupe » et le recruteur fera preuve d’exigence.

Le point de vue d’Emmanuelle Diévart

Emmanuelle, aujourd’hui consultante en reclassement, a été chargée de recrutement en agence de travail temporaire.

En agence de travail temporaire, on travaille surtout sur le savoir-faire et les connaissances. La lettre de motivation n’est pas exigée pour des postes en manutention, en industrie ou manœuvre en bâtiment. On se contente d’un CV. C’est lors de l’entretien d’inscription que le recruteur pose quelques questions.

J’en avais d’abord une approche globale :  la forme. Je regardais la présentation, l’utilisation de l’espace, la date, l’objet, la pièce jointe, le destinataire, l’orthographe et la grammaire (encore plus pour des postes dans l’assistanat).

Puis, une approche liée au contenu : le fond. Cette lettre est-elle bateau, ciblée pour le poste ? Quel est le vocabulaire utilisé ? Les motivations pour le poste sont-elles présentes ? La lettre permet le départage des candidats.

Je me servais souvent de la lettre lors de l’entretien pour développer certaines parties à l’oral.

Ce que nous en retenons

Assurément, la lettre de motivation est aujourd’hui un incontournable du CV. Elle n’est pas exigée pour tous les types de poste. Toutefois, nous ne pouvons négliger l’exercice lorsqu’elle est exigée. Elle a cet intérêt d’accompagner la chronologie de notre parcours et de mettre en valeur nos acquis, nos atouts et nos motivations à intégrer ce poste que nous avons repéré.

Elle permet au recruteur, quel qu’il soit, d’apprécier notre candidature à sa juste valeur.

Alors, à nos crayons et ordinateurs!

5 raisons de faire confiance à votre consultant en reclassement

Aujourd’hui la vie professionnelle n’est plus linéaire mais jalonnée au contraire d’emplois différents, dans des secteurs variés. Parfois, c’est un choix volontaire, parfois il est subi.

Dans ce cadre, il nous est proposé d’être accompagné par un professionnel du reclassement. Génial ! En principe, il est capable de me conseiller, m’aider à retrouver un emploi, accompagner mon éventuel désir de reconversion. Mais concrètement, que va-t-il m’apporter?

Les situations de reclassement

Nous avons de multiples raisons de nous retrouver face à un consultant en reclassement : fin de contrat, rupture conventionnelle, licenciement. En amont et en aval de l’inscription au Pôle Emploi, nous allons rencontrer un professionnel dans un cadre dont la durée varie : espace information conseil, congé de reclassement, prestations d’accompagnement. Il exerce au sein de Pôle Emploi, d’organismes d’insertion, et d’entreprises telles que le cabinet conseil en ressources humaines.

L’accompagnement individuel : une relation humaine et collaborative

Revenons à des fondamentaux : personne n’a la science infuse et un consultant, quelque soit l’organisme ou l’entreprise qui l’emploie, n’est pas un « gourou » qui va nous trouver « en claquant des doigts » un métier, une vocation, et qui fera les démarches à notre place.

C’est un professionnel qui place la personne accompagnée au cœur de son reclassement :

  1. Ecoute, soutient, conseille et informe. Par exemple, Anne, choquée et fragilisée après son licenciement économique, a apprécié de pouvoir s’exprimer sur ses problèmes de santé. Nous avons alors effectué une demande de Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH), après que je lui ai expliqué les modalités de mise en oeuvre et le but de la RQTH. Et nous avons tenu compte de ses contres-indications médicales dans ses projets.
  2. Œuvre concrètement pour que la personne soit actrice de son parcours professionnel. Ainsi, les outils (Cv et lettre de motivation) sont travaillés et adaptés aux projets de chaque personne. Pascal a ainsi pu aller à la rencontre des agences intérimaires, se servir des sites d’emploi pour mettre en ligne ses CV, créer des listings d’entreprises qu’il a souhaité viser et lancer ses candidatures spontanées. Il est actuellement en poste suite à une candidature spontanée.
  3. Accompagne les désirs de transition professionnelle. Par exemple, Solène souhaite devenir négociatrice en immobilier. Elle a pris contact, par le biais de son réseau, avec des professionnels et va mettre en place un stage pour confirmer son projet de reconversion.
  4. Formalise un plan d’action adapté pour chaque projet envisagé en accord avec la personne. En effet, Sophie me disait « on a tendance à être un peu comme un cheval fou, l’impression d’être lâchée dans la nature. Vous avoir permet de savoir où on va et comment y arriver« 
  5. Tend vers la solution la plus adaptée et sécurisée pour chaque personne. Mettre en adéquation les attentes et contraintes avec la réalité économique du territoire est indispensable dans l’accompagnement. Ainsi, Marc a été accompagné dans l’analyse de ses intérêts, motivations et de ses compétences, l’émergence de voies professionnelles envisageables, l’étude du marché de l’emploi, la réalisation d’un stage puis d’une formation qualifiante adaptée à la réalité socioéconomique. Il m’a appelé récemment pour m’informer à quel point il était satisfait de son poste, qu’il occupe déjà depuis plusieurs mois en CDI.

Le consultant fait preuve de neutralité bienveillante et il garde toujours à l’esprit que chaque accompagnement est différent.

Ce que nous attendons de ses compétences

Il n’y a pas de parcours de formation type pour ce professionnel. Généralement, il est issu d’une formation en sciences humaines ou ressources humaines. Il est recruté de bac +2 à bac+5, et plus.

Un consultant associe les intérêts, motivations, aspirations professionnelles, contraintes, compétences de la personne accompagnée, ses désirs de retour à l’emploi avec la réalité socioéconomique.

Il est capable de proposer toutes les mesures favorisant la réussite de l’accompagnement personnalisé, à partir d’outils et de la maîtrise du territoire sur lequel il intervient.

Ce que nous en retenons

Ancré dans son territoire, dont il connaît les acteurs socioéconomiques et le marché de l’emploi, le consultant en reclassement guide et conseille autour d’actions sécurisées et individualisées chaque personne, tout en la laissant actrice de ses démarches. Les clefs d’un accompagnement réussi : confiance et actions.

En tant que consultante, j’aime mon métier car j’ai le sentiment d’être utile, de participer au rebond professionnel et aussi personnel des personnes que j’accompagne.