Entretien professionnel : obligation règlementaire ou levier de management ?

rawpixel-com-252127L’entretien professionnel est obligatoire, à chaque entreprise de transformer l’essai pour en tirer de la plus-value. Isabelle Bodin, Consultante experte, donne son point de vue.

L’entretien professionnel concerne tous les salariés ?

Il a été créé par la loi de mars 2014 sur la formation professionnelle. Il concerne tous les salariés de toutes les entreprises quelle que soit leur taille. L’entretien professionnel a lieu tous les deux ans et après une absence de longue durée (arrêt maladie longue durée, congé maternité, congé parental, congé syndical). Tous les 6 ans, un entretien récapitulatif permet de fait le point sur les formations réalisées pendant cette période, les certifications obtenues et sur l’évolution professionnelle du salarié.

Chaque année le déploiement des entretiens professionnels donne lieu à une information auprès des instances représentatives du personnel.

Pour vous est-ce une charge ou un investissement ?

A la première lecture les employeurs disent que ce n’est pas possible au regard du temps à prévoir.

L’entretien ayant lieu sur le temps de travail, cela représente un coût en temps indéniable pour l’entreprise. Du temps pour mettre un dispositif, structurer des supports, former les managers à la conduite des entretiens, mettre en place un suivi…

Quelle est la valeur ajoutée des entretiens professionnel selon vous ?

Rencontrer régulièrement chacun de ses collaborateurs, échanger sur ses perspectives professionnels, ses souhaits professionnels en interne voire en externe, apporte une valeur ajoutée pour le salarié et l’entreprise.

Pour le salarié, c’est souvent la première fois qu’il échange avec leur manager sur l’entreprise, l’évolution des métiers dans l’entreprise, des postes et qu’il peut s’interroger sur ses souhaites au regard des changements.

Cela devient très intéressant lorsque comment le salarié se situe dans son entreprise, quelles sont les risques par rapport à lui, les questions de vieillissement au travail…

Pour l’entreprise, c’est l’occasion pour le manager d’ajuster son management, d’individualiser son management en prenant en compte les deals qu’ils ont passé lors de l’entretien.

Par exemple ?

Un salarié qui souhaiterait avoir plus d’autonomie dans son travail, peut se voir attribuer un co-pilotage de projet. Un salarié qui souhaiterait changer d’atelier, son manager pourrait lui proposer de réaliser un stage.

Il aurait pu en parler dans la vie quotidienne ? Mais les rencontres et réunions sont souvent opérationnelles. Ces sujets sont rarement évoqués entre deux portes.

Prendre un temps identifié permet d’aborder les choses sous l’angle de l’échange et non pas sur la demande ou la plainte.

Pour l’entreprise c’est l’occasion de renforcer les pratiques de management individualisé des compétences et de la formation des salariés,  dans une perspective d’anticipation. Un salarié aura dans l’entretien, les conditions favorables pour informer son entreprise de son obligation de départ pour suivre un conjoint muté, information importante pour anticiper ses recrutements.

De la même façon l’âge de départ à la retraite et de la gestion de ce départ peut-être abordé. Cela permet à l’entreprise d’anticiper les transferts de compétences dans de bonnes condition.

L’entretien est un temps d’analyse et de synthèse, de la construction de projet concerté entre un salarié et sa structure. C’est à la fois l’aboutissement d’une période mais c’est aussi le point de départ d’un processus à mettre en œuvre tout au long de l’année.

C’est un temps de prise de recul sur le quotidien.

N’est-ce pas un risque pour le salarié de se livrer sur ses questionnements ?

Effectivement, c’est un risque partagé. Selon le format de l’entretien et la transparence du processus, l’entretien peut glisser sur du jugement,… une approche plus affective. Mais cela peut aussi arriver dans le quotidien. Or l’entretien est posé comme un temps de recul, cela se préparer. Moi salarié, avec mes aspirations, mon projet professionnel, mon projet de vie, mes compétences, comment les évolutions de mon environnement de travail vont répondre à mes aspirations ? Est-ce que cela va me permettre de m’éclater ?

Et pour l’entreprise, cela lui permet de détecter des collaborateurs qui vont saisir les opportunités de l’évolution. Réfléchir à l’adéquation des stratégies, de l’entreprise et du salarié. L’adéquation est jouable, pas jouable et à quelle condition.

Plus l’emploi est difficile (investissement physique ou mentale), plus la réflexion sur le parcours professionnel est importante pour mettre en place suffisamment en amont, les leviers avant que les difficultés apparaissent.

L’enjeu est bien là : anticiper !

L’enjeu ne se résume pas à un repérage des besoins en formation. La formation est un des leviers.

Vous avez quelques conseils nous donner ?

Pour la réussite de ce projet il y a quelques points de vigilance :

  • Définir et partager avec tout l’encadrement, les enjeux des entretiens, les axes de la stratégie RH et en quoi les entretiens professionnels peuvent être utile au regard de cette stratégie.
  • S’accorder sur les règles du jeu : qui fait quoi, quand, comment, quelle durée ?
  • Définir le processus avec un amont et un aval, et comment il est articulé avec les autres processus RH (recrutement, mobilité interne, formation, prévention des risques…)
  • Instrumenter et documenter le processus : créer les supports d’entretien adapté à la finalité de l’entretien et à la culture d’entreprise. Éventuellement des guides explicatifs, des supports de traçabilité, pour garder la trace.
  • Un des moyens pour éviter cet écueil, est d’évaluer régulièrement le dispositif pour l’améliorer tant au niveau des outils, du processus que des effets produits.
  • Inscrire l’entretien dans un processus RH de gestion des compétences. Ex : qui donne le feu vert aux demandes exprimées pendant l’entretien (formation, stage dans un autre service….), qui les valide, qui les gère ?
    Si un projet de mobilité vers un autre service est envisagé, qui valide la mise en place d’un stage d’immersion dans ce service ?
  • Conduire les entretiens professionnels nécessite une expertise particulière. Les managers doivent développer leur savoirs-faire de la conduite de l’entretien professionnel. Le manager doit avoir un mode de communication adaptée à l’entretien. On n’est pas sur un entretien d’évaluation de la performance au travail. Il doit rester sur de l’analyse des projets, de l’adéquation ou non entre le projet individuel et le projet de l’entreprise et sur les moyens à mettre en place pour vérifier ou confirmer cette adéquation. Une des fortes compétences à développer c’est l’exploitation et le suivi des entretiens par le manager mais aussi par le service RH. Si l’entretien ne donne pas lieu à un suivi des actions définies, l’entretien restera un moment d’échange entre le collaborateur et son hiérarchique et le processus est voué à disparaître.
  • C’est aussi une compétence collective de l’encadrement, en terme d’implication dans la gestion des RH dans l’entretien. Il ne peut plus se contenter de faire des plannings il est obligé de s’impliquer fortement. Au-delà c’est aussi le développement de compétences managériales.

L’entretien est un acte de management qui agit sur la motivation de chaque membre de l’équipe.

L’entretien professionnel, certes une obligation mais elle est porteuse de valeur ajoutée pour le salarié. C’est un témoignage d’intérêt pour un salarié, renforçant sa motivation. Pour le manager c’est l’occasion de renforcer l’impact de son management et d’influer sur la satisfaction au travail, sur la fidélisation, sur la capitalisation des compétences clés et à terme. L’entreprise ne perd pas son investissement !

 

Merci à Isabelle Bodin,  Consultante expert, Référente GPEC / RH et formation, pour son éclairage sur le sujet

 

Pour en savoir plus

Vous trouverez notamment sur le site d’OPCALIA « Entre 2″ un serious game destiné aux managers qui souhaitent s’entraîner à la conduite des entretiens professionnels. Grâce à Entre 2, vous pouvez vous projeter, en 3D, en situation professionnelle dans un environnement proche de votre vécu.

Basé sur le principe des jeux vidéo, ce simulateur vous permet de conduire, par avatar interposé, un entretien avec un collaborateur virtuel. Comme dans un jeu vidéo, ce dernier réagit en temps réel. Les dialogues et le ton de l’entretien évoluent ainsi dynamiquement en fonction de vos choix de formulation.

Est-il pertinent d’utiliser un agrégateur d’offres d’emploi au cours de mon bilan de compétences ?

Est-il pertinent d'utiliser un agrégateur d'offres d'emploi au cours de mon bilan de compétences -

Abordons une question pratique cette semaine ! Devant la multiplication des outils en ligne favorisant la recherche d’emploi, nous souhaitons aborder la pertinence d’un « agrégateur » au cours d’un bilan de compétences.  Vous n’avez jamais entendu parler d’agrégateur d’offres d’emploi ? Pas de panique ! On vous explique tout dans ce billet.

Vous avez dit « agrégateur d’offres d’emploi » ?

Commençons par le commencement. En effet, inutile d’aller plus loin si on a pas bien saisi ce qu’est un agrégateur d’offres. Il s’agit tout simplement d’un site Internet auquel on indique le job recherché et le secteur géographique visé. Prenant en compte ces critères, l’agrégateur se charge d’aller rechercher des offres d’emploi correspondant à ces critères sur différents sites et de vous les adresser par mail. Plus besoin d’aller visiter nombre de sites emploi et autres « job-boards » (site d’emplois), les offres sont captées par un seul site et vous parviennent par mail. Parmi les principaux sites dans cette catégorie, Indeed et Jobijoba sont parmi les plus connus.

 

Agrégateur et bilan de compétences : quel rapport ? 

S’il est facile de trouver un intérêt dans le service rendu par les agrégateurs dans une phase de recherche d’emploi, il n’est pas si évident d’en percevoir l’intérêt dans le cadre d’un bilan de compétences.

Pourtant, à y regarder de plus près, un bilan de compétences est certes un moment de réflexion sur soi mais également sur son devenir professionnel.

En effet, le bilan de compétences est souvent perçu comme une période où on passe des tests psychotechniques en étant accompagné par un conseiller. Oui, mais pas uniquement car travailler sur un projet nécessite d’avoir une écoute du marché de l’emploi et cela à différents niveaux…

 

Faire une veille de l’emploi sur son propre métier 

Pour chacun, il n’est pas évident de connaître le marché de l’emploi sur un métier. L’idée est simple mais s’avère intéressante. Réaliser une veille sur son propre métier en utilisant un agrégateur permet de suivre les tendances de l’emploi en temps réel. Ces offres peuvent ensuite nourrir une réflexion sur de plusieurs aspects :

« quelles sont les tendances du recrutement dans mon métier ? »

« quels sont les profils recherchés, quelles sont les compétences recherchées ? »

 

Comprendre le marché de l’emploi du « job de mes rêves »

Créer une (ou plusieurs) alerte(s) sur un agrégateur dans le cadre d’une transition professionnelle peut présenter également de l’intérêt et apporter des informations précieuses :

« quelles sont les entreprises qui recrutent sur le métier qui m’intéresse ? »

« quels sont les critères de recrutement ? »

 

Pourquoi ne pas créer plusieurs alertes ?

La création de plusieurs alertes permet ensuite d’enrichir cette veille. En effet, je conseille de créer des alertes sur des territoires alentours pour connaître les tendances de recrutement sur les secteurs géographiques visés.

D’autre part, créer des alertes sur des métiers proches permet d’élargir la veille sans rester cantonner à un seul métier.

 

Un retour d’expérience avec SINAD

Sinad, un agrégateur intéressant

Depuis plus 2015, nous disposons d’un partenariat avec SINAD,  un agrégateur que nous proposons à nos clients, qu’ils soient accompagnés vers l’emploi ou dans leurs projets (bilan de compétences). Après un an d’expérimentation de ce service, voici ce qu’en disent les personnes qui en ont bénéficié*  :

  • Le fait de recevoir des offres d’emploi régulièrement et à une heure matinale (9h) du matin est fortement apprécié. Le fait d’obtenir rapidement l’offre d’emploi au moment où elle paraît est un gage d’efficacité.
  • Le service de l’agrégateur est perçu comme complémentaire d’autres sites car les offres reçues ne sont pas « trouvables ailleurs ».
  • Surtout, lorsque les personnes ont postulé sur les offres reçues par SINAD, 41% ont obtenu des propositions d’entretien d’embauche.
  • Au total, 79% de nos clients considèrent ce service comme étant utile voire très utile.

Devant ce constat, il nous semble pertinent de maintenir cette collaboration avec SINAD et de proposer ce service gratuitement à tous les salariés et les chercheurs d’emploi que nous accompagnons, que ce soit en bilan de compétences ou vers l’emploi.

Vous pouvez nous donner votre avis sur les agrégateurs d’offres d’emploi et sur les usages que vous en faites dans les commentaires de cet article.

*173 personnes ont répondu à l’enquête réalisée entre novembre 2016 et octobre 2017.

Bénévoles, valorisez vos compétences !

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Pensez à mettre en avant vos compétences acquises dans le bénévolat ! Valorisez ce que vous savez faire dans votre CV, dans votre carrière, dans votre évolution professionnelle ! Utilisez-les en dehors de votre engagement bénévole ! Mais comment ?

Le bénévole, au delà de son engagement dans l’association, développe les mêmes types de compétences qu’en entreprise : logistique, gestion de projet, comptabilité, secrétariat, communication, etc. Mais aussi des compétences comportementales spécifiques, comme par exemple la capacité d’innovation, la capacité à travailler en équipe, à animer sans hiérarchie formelle, à travailler de manière efficiente argumenter, défendre un projet, etc.

Ces compétences sont transférables dans tous les milieux professionnels et donc dans une recherche d’emploi.

Il faut en avoir conscience, les avoir identifiées et les valoriser sous l’angle professionnel, ce qui n’est pas si évident.

Et aujourd’hui cela reste complexe et sous exploité. En effet la valorisation et de la validation de ces compétences acquises sont largement sous-utilisées alors que 36% des actifs affirment utiliser régulièrement au travail des compétences acquises lors de leur activité bénévole.

 

Comment arriver à mettre en avant ses compétences dans sa recherche d’emploi, dans un CV, lors d’un entretien ou encore, dans son entreprise, dans le cadre d’une évolution professionnelle ?

Comment transformer un choix, qui au départ, est un engagement personnel et militant à un atout professionnel ?

 

La première étape est de décrire ce que l’on fait au sein de l’association et par rapport à ca, de relier les compétences, les savoir-faire, les savoir-etre que cela nécessite. Ce premier pas permet de valoriser les expériences et compétences acquises.

Dans son CV ce sont des atouts supplémentaires à mettre en avant, au delà de la simple case « centre d’intérêt » ou « loisirs ».

Dans l’entretien d’embauche ou professionnel, ces compétences sont à souligner au même titre que celles développées dans le milieu professionnel.

L’entreprise y sera sensible. Au delà de l’intérêt d’un engagement militant qu’elle peut rechercher, elle pourra utiliser et exploiter utilement ce que vous avez appris.

 

La loi travail renforce et remet au gout du jour cette idée. Avec le compte d’engagement citoyen (CEC), le bénévole a la possibilité de valoriser ses compétences et même de les faire reconnaître au travers d’heures CPF, de jours permettant d’exercer ces activités ou même acquérir une qualification au travers d’une VAE.

Une véritable opportunité de faire évoluer le regard sur le bénévolat et d’en faire un outil de gestion de carrière professionnelle.

Vous avez développé des compétences dans un cadre bénévoles et vous avez pu les valoriser ? Laissez-nous un commentaire.

Merci à Véronique Thomas ainsi qu’à Céline Chatelier pour la rédaction de cet article !

Saisonniers, qualifiez-vous et sécurisez votre carrière

Dans cet article, nous nous faisons le relais d’un dispositif visant à favoriser la qualification des personnels saisonniers. Le FAFIH (OPCA de l’hôtellerie, de la restauration, des loisirs et des activités du tourisme) finance la formation professionnelle et l’apprentissage de ce secteur d’activité. 

Retrouvez toutes les informations dans cette vidéo ainsi que tous les renseignements dans les dépliants en téléchargement.

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Recherche d’emploi entre le 15 juillet et le 15 août : faut-il se mettre en stand by ?

Candidature spontanéeLes vacances, enfin ! Déconnectons, prenons du recul, faisons un break bien mérité. Oui mais, si je recherche un travail…Que faut-il faire ? 

A l’approche de cette période, toute personne en recherche d’emploi peut s’interroger sur la pertinence de réaliser des démarches. Faut-il stopper les actions pour les reprendre plus tard ? Il y a-t-il des opportunités pendant cette période ? Pour répondre à ces questions, j’ai interrogé l’équipe des consultants de Vitré, spécialisés dans l’accompagnement des parcours professionnels de Vitré : Christian Thoraval et Lelia Lemoine. 

Penser à faire une pause

Il n’est pas simple d’aborder cette période avec un objectif de recherche d’emploi : les proches pensent à leurs congés ou y sont, les offres sont moins nombreuses, les relances apportent moins de résultats…

Il peut être pertinent de faire une pause pendant cette période. Rappelons que tout demandeur d’emploi a le droit de prendre des congés. Dans certaines circonstances, il peut être judicieux de faire une vraie pause et de mettre la recherche d’emploi de côté pour reprendre de plus bel à la fin du mois d’août.

En effet, après une fin d’activité dense, une perte d’emploi stressante ou angoissante, il peut être judicieux de poser les valises et de marquer une pause pour se ressourcer et se régénérer. Un moment pour reprendre confiance, pour changer d’air, pour voir les choses autrement.

 

Mais pas que

Entre le 15 juillet et le 15 août, « la France tourne au ralenti » comme dirait l’autre. Cela pourrait être une bonne raison pour mettre sa recherche d’emploi de côté.

Selon Lelia,

« Les gens arrivent souvent avec l’idée que ce n’est pas utile/judicieux de chercher du travail pendant cette période.

C’est une idée fausse ou un a priori tout à fait compréhensible. En effet, les recrutements ne sont pas fermés pendant cette période. Effectivement, c’est moins propice à cause des congés des fonctions support. Cependant, beaucoup d’entreprises gardent un niveau d’activité, même très bas. Seuls certains secteurs font exception à la règle dont le bâtiment par exemple.

Je propose généralement de rester en veille sur les offres et d’en profiter pour sélectionner les entreprises afin de réaliser des candidatures spontanées.

Je leur propose par exemple de réaliser une candidature spontanée, pour un 1er contact, de rappeler quelques jours après pour savoir s’ils ont eu l’occasion d’étudier la candidature, et dans tous les cas de re-postuler en septembre, comme piqûre de rappel.

Dans l’industrie, le besoin est en continu ! Si les gens arrêtent de postuler c’est parce qu’ils partent en vacances…

Dans la grande distribution, effectivement les remplacements d’été sont « calés » plutôt en avril-mai et principalement par les enfants des salariés ou des étudiants… Mais cela n’empêche pas quelques démarches, quelques prises de contact.

D’autant plus que pendant cette période, il y a moins de concurrence !

En bref, je leur conseille de la veille et de la préparation, ce qui permettra de saisir d’éventuelles opportunités (à court ou moyen terme).

La rentrée, c’est le moment des nouvelles idées et des projets pour les entreprises…. Alors se manifester avant, c’est peut être créer de l’opportunité (avant le rush) ! »

 

Rester actif, mais différemment

Par ailleurs, cette période peut être l’occasion de s’investir sur des actions différentes.

Selon Lelia,

Cette période « plus calme » est l’occasion de finaliser ses outils, et sa stratégie de recherche d’emploi.

Cette période plus calme peut être plus propice pour de la prospection et des entretiens conseil.

 

Selon Christian,

« Il y a davantage de temps et de disponibilité « d’esprit » au sein des services RH, en comparaison avec la reprise de septembre, ceci peut  favoriser un 1er contact dans le cadre d’entretiens-conseil.

Cette période permet donc de développer un réseau et de proposer une candidature par anticipation d’éventuels recrutements à venir. Bien sûr, ce 1er contact doit se poursuivre par une relance début septembre. L’entreprise peut également y trouver un intérêt dans sa démarche de recrutement. »

 

Si cette période peut être perçue – à tort ou à raison – comme un moment calme dans les recrutements, chacun doit y voir une raison de s’interroger sur sa stratégie de recherche d’emploi.

Efficacité et pause bien méritée ne sont pas incompatibles. Le tout est de s’organiser et d’envisager sa stratégie en lien avec la réalité de son secteur d’activité.

Et vous, comment considérez-vous cette période professionnellement ? Quelle stratégie vous semble la plus appropriée entre le 15 juillet et le 15 août ? Donnez votre point de vue ou votre expérience dans les commentaires de cet article.

5 questions sur la lettre de motivation

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Cette semaine nous souhaitons partager un point de vue sur la lettre de motivation.

Il y a maintenant plus d’un an, nous proposions un article sur le sujet (La lettre de motivation : un mal nécessaire ou un plus ? ). Au vu des multiples questionnements posés sur la lettre de motivation, nous posons 5 questions à une consultante en recrutement pour disposer de son avis d’experte ! Isaure Grün, consultante RH et chargée de recrutement répond à 5 questions sur la lettre de motivation.

 

La lettre a t-elle toujours un intérêt ? 

 « La lettre de motivation est l’opportunité pour le(la) candidat(e) de présenter son profil et son projet. En cela, la lettre est un moyen pour susciter l’intérêt d’être rencontré(e) par le cabinet ou par l’entreprise.

Encore et toujours, la lettre constitue un outil indispensable pour se positionner sur un poste identifié ou adresser une candidature spontanée.

Cependant, ce n’est pas parce que la lettre de motivation est la règle qu’il faut se prêter à l’exercice sans conviction (« je le fais parce qu’il faut le faire mais je n’y crois pas »).

 

En effet, lorsque nous recrutons pour un client, au delà des CV, nous lisons attentivement les lettres de motivations. Et parmi les candidatures, lorsque nous repérons une lettre bien rédigée qui valorise un profil/un projet en adéquation avec les critères recherchés par l’entreprise, c’est un réel atout pour le candidat. Il y a alors de grandes chances pour que nous contactions la personne pour la rencontrer.

Bien sûr, une lettre rédigée avec soin n’est pas la garantie d’être recruté. Mais par expérience, le candidat qui obtient le poste est souvent l’auteur d’une lettre de qualité.

N’oublions pas qu’il s’agit d’un moyen pour le candidat de faire la différence et surtout que la lettre est un outil de communication qui invite le recruteur à rencontrer le candidat ou pas !

 

Que doit-elle comporter ? Que doit-elle dire ?

Il faut sortir des règles et des recettes appliquées par tous. Non, il n’y a pas de lettre type. Il s’agit surtout d’un écrit dans lequel le candidat démontre sa compréhension des contours du poste et/ou des enjeux pour l’entreprise.

A chaque poste, la démarche est différente. Par exemple, pour les postes où la communication est essentielle (la liste est longue), la lettre est un test en soit. En effet, c’est l’occasion pour le candidat de démontrer son esprit d’analyse, de synthèse et ses capacités rédactionnelles. 

En tant que recruteur, nous voyons rapidement si le rédactionnel est au niveau attendu. A titre d’exemple, pour les postes en management ou en communication, la lettre ne peut pas être un écrit standard car les exigences sont plus fortes encore sur ce poste quelles ne le seraient pour un poste à dominance technique, tel que technicien de maintenance ou comptable. C’est la cohérence globale de la lettre qui prime avant tout !

 

Comment réussir l’accroche d’une lettre ? 

Là encore, pas de recette ou de formules types. Tout est une question de “stratégie de communication”.

Il faut éviter les « copier-coller » ou les formules toutes faites facilement détectables. Cela n’a aucune valeur ajoutée.

Pour apporter un éclairage, je conseille de réfléchir à plusieurs questions :

  • Pourquoi postulez-vous à ce poste ? Pourquoi dans cette entreprise ? Pourquoi dans ce secteur d’activité ? Dans quel contexte de votre parcours professionnel ?

  • Quel est votre projet ? Qu’aimez vous faire ?

  • Quelle contribution souhaitez vous apporter à l’équipe ?

  • Pourquoi « vous » ? Quels sont vos atouts? Quel est votre profil ? Quelles ressources vous reconnait-on ?

 

Il s’agit de questions simples, mais utiles pour parler de soi et de son projet.

Chaque paragraphe doit présenter un intérêt. Une lettre synthétique – tout en développant les points majeurs de sa candidature – est toujours plus efficace !

 

L’originalité est-elle recommandée ?

 L’originalité peut permettre au candidat de se différencier. Mais attention, cela doit être bien calibré.

L’originalité n’est pas toujours recherchée dans tous les métiers.

Certaines entreprises recherchent des profils créatifs ou peu conventionnels mais là encore il s’agit de bien doser, pour ne pas induire l’effet inverse ! C’est-à-dire des doutes ou un avis défavorable.

 

Quelles sont les principales erreurs à éviter ? 

La première erreur serait de ne pas rédiger de lettre de motivation. A l’aire du numérique et des SMS, cela arrive régulièrement. Une autre erreur consiste à rédiger une ligne du type : « veuillez-trouver ci-joint mon CV ».

Le candidat doit donner du sens à sa lettre.

Pensez que les lettres ne sont pas lues si vous voulez… Mais si votre lettre est lue, elle doit être convaincante. En résumé : faites la différence !

 

Nous remercions Isaure pour ces informations. Et vous, comment faites-vous la différence dans vos lettres de motivations ? N’hésitez pas à nous le dire dans les commentaires ! 

 

Actualité de la semaine

Bienvenue sur la revue de web  concoctée par Delphine.

CATALYS vous informe sur son blog ….

Comment financer mon bilan de compétences ?

CATALYS recrute ….

Emploi/Formation

Ils recrutent

  • Gardiens de la paix. 3 000 postes à pourvoir.
  • Rennes (35). Sopra Steria et l’ENI s’associent pour former et recruter en CDI 50 ingénieurs alternants.
  • Cesson-Sévigné (35). O2 recrute dans les services à la personne.
  • Helpline va créer une centaine d’emplois à Nantes.
  • 250 emplois à pourvoir immédiatement dans la filière aéronautique.
  • Le Nouy étoffe ses gammes et recrute.
  • Rennes (35). CAIlabs recrutera 10 personnes d’ici la fin de l’année.
  • Fougères (35). April partenaires cherche une dizaine de collaborateurs.
  • MGD Nature à Branderion (56) crée des emplois.

  • 60 emplois vont être créés par le Groupe Beaumanoir à Saint-Malo (35).

Vous voulez en savoir plus sur nous, rendez-vous sur le site de CATALYS Conseil.

Comment Financer mon bilan de compétences ? 

cochon
Régulièrement nous recevons des témoignages sur la difficulté à trouver les moyens pour financer un bilan de compétences (BC). Cette semaine, nous vous proposons un éclairage sur les différents modes de financement possibles. Voici les principaux modes de financements pouvant être envisagés pour financer un bilan de compétences.

 

Comment ça marche ?

Avant toute chose, il faut savoir qu’un bilan de compétences implique deux types de coûts :

  • le financement de l’accompagnement : l’organisme prestataire est payé pour le service rendu. C’est l’équivalent des frais pédagogiques d’une formation.
  • le maintien de salaire : le bilan de compétences peut être réalisé sur le temps de travail ou en dehors. Lorsqu’il réalisé sur le temps de travail, le/la salarié(e) dispose d’une indemnisation équivalente au temps passé en centre de bilan de compétences. On parle alors d’un congé de bilan de compétences.

D’autre part, le mode de prise en charge des coûts du bilan dépend du statut de la personne : salarié(e), demandeur d’emploi, agent de la fonction publique, etc.

#1 – Financer son BC avec un  OPACIF (Organismes Paritaire Agréé au titre du Congé Individuel de Formation ):

Dans ce cas vous devez être salarié(e) pour faire une demande de financement pour un Congé de Bilan de Compétences  (CBC). Le dossier de demande financement est retirer auprès de l’OPACIF (un outil pour connaître l’OPACIF dont vous dépendez). Plus précisément, le conseiller en évolution professionnelle (CEP) dont vous dépendez étudiera votre situation et vous transmettra le cas échéant un dossier à compléter pour bénéficier d’une prise en charge.

Il faut préciser qu’il existe des délais entre le moment où la demande de prise en charge est déposée et le moment où bilan peut commencer. Ce délais est au minimum de deux mois.

Pour pouvoir bénéficier d’un financement du bilan par un OPACIF, il y a des conditions remplir :

Vous êtes en CDI:

Nécessite de justifier de 5 ans d’activité professionnelle salariée dont un an d’ancienneté dans l’entreprise actuelle.

Vous êtes en CDD :

Nécessite de justifier de 24 mois d’activité professionnelle dans les 5 dernières années, dont 4 mois, consécutifs ou non, en CDD dans les 12 derniers mois.Le Bilan doit commencer dans les 12 mois qui suivent la fin du CDD ayant ouvert le droit.

A noter : 

On peut comptabiliser dans les 24 mois d’activité professionnelle: les périodes d’intérim, les contrats de formation en alternance, contrats aidés, etc. 

En revanche, pour le calcul des quatre mois exigés au cours des 12 derniers mois, certains contrats en CDD ne peuvent être pris en compte : contrat d’apprentissage, contrat de professionnalisation, contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE), contrat d’avenir, contrats conclus au cours des cursus scolaires ou universitaires… 

Vous êtes salarié en intérim:

Pour réaliser un CBC-Intérimaire vous devez totaliser cinq ans  d’activité professionnelle, consécutifs ou non, en tant que salarié (intérimaire ou pas)

  • dont au minimum 1600 heures au cours des 18 derniers mois en tant que salarié intérimaire
  • dont au minimum 600 heures dans l’entreprise de travail temporaire qui signe votre autorisation d’absence

A noter:

L’ancienneté et le délai sont appréciés à la date de la demande d’autorisation d’absence.

Le CBC-Intérimaire est obligatoirement réalisé au sein d’un organisme prestataire agréé par le FAF.TT.  

Vous pouvez consulter  la listes des différents  OPACIF sur: http://www.vae.gouv.fr/?page=carte-opacif

#2 – Financer son BC avec un  OPCA (Organisme Paritaire collecteur agrée ) via votre CPF:

Ce financement est ouvert à tous, demandeurs d’emploi, salariés, licenciés pour motif économique, auto entrepreneur….ayant créé son compte CPF et bénéficiant d’un crédit d’heures. La demande s’effectue sur le portail:  http://www.moncompteformation.gouv.fr/ au moins 30 jours avant le démarrage du bilan.

Vous pouvez consulter  la listes des différents  OPCA sur http://www.vae.gouv.fr/?page=carte-opca

#3 – mobiliser le plan de formation de son entreprise

Dans ce cas il est nécessaire d’être salarié(e) de l’entreprise qui décidera de la validation de  votre  projet de  bilan de compétences. Il n’y a pas de délais imposé ; c’est le temps de décision de votre employeur qui détermine le délais pour commencer votre bilan.

Pour mobiliser ce financement, il est indispensable de se rapprocher de son service RH afin d’exposer son projet de bilan de compétences et d’envisager la prise en charge par le plan de formation de  l’entreprise. Vous devrez alors lui présenter un devis qui – une fois accepté – permettra  la planification de votre bilan de compétences et son démarrage.

#4 –  Mobiliser un financement personnel

Si elle en a la possibilité et le besoin, toute personne peut envisager de financer elle-même un bilan de compétences. Dans ce cas, certains centres de bilan adopte un tarif préférentiel et des facilités de règlement, ce qui est le cas de Catalys Conseil. Pas de délai imposé, c’est vous qui décidez de la date de début de votre bilan.

Ainsi plusieurs modes de financement sont possibles et peuvent être soumis à des évolutions. Vous pouvez, si besoin mobiliser un conseiller en évolution professionnel CEP pour vous accompagner dans cette démarche. Aussi nous proposons systématiquement un premier rendez-vous gratuit au cours duquel un consultant pourra vous guider dans votre demande de financement.

N’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires de cet article ou à nous faire part des solutions que vous avez utilisées pour financer votre bilan.

Article écrit en collaboration avec Sylvie Gautier et Nawal Karam

Actualités des Mercredis de Delphine du Mois de Mai

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Notre avis sur « Corporate », un film sur le management et le harcèlement.

CATALYS recrute ….

Emploi/Formation

Ils recrutent

  • Ariase Group à RENNES (35) Chantepie annonce une cinquantaine de recrutements.
  • Lou Légulice (Poilley, 35) recherche 40 cueilleurs.
  • Intrabases se renforce à Carquefou (44).
  • 1 000 emplois pour Oui Care dans les Pays de la Loire.
  • Bouchers Services recrute 380 personnes.
  • Saint-Agathon (22). Daunat recrute 60 personnes pour cet été.
  • Mellac (29). Avec l’ouverture d’un Buffalo Grill, 12 postes seront créés.
  • Carhaix (29). Synutra recrute 35 nouveaux collaborateurs.
  • Sérent (56). Celvia recrute 20 opérateurs en découpe d’ici la fin mai.
  • Elven (56). Elixance s’agrandit et recrute.
  • Quimper (29). Ecomiam recrute et veut atteindre 20 points de vente d’ici à 2021.
  • Velco (49) table sur une quarantaine de salariés.
  • 900 recrutements temporaires pour d‘aucy (Theix).
  • Bretagne. 80 postes à pourvoir chez SII.
  • Bretagne. Une douzaine de postes à pourvoir chez 2PL.
  • Bretagne. Les agrandissements et les créations d’enseignes du groupement Intermarché vont créer une centaine d’emplois.
  • Grâces (22). L’arrivée d’un Centrakor devrait créer une dizaine d’emplois
  • Quiberon (56). 45 postes de saisonniers à pourvoir à la Belle-Iloise.
  • Herige recrute.
  • 45 emplois pour BDO Expertise Sociale & RH à Binic-Etables-sur-Mer.

Vous voulez en savoir plus sur nous, rendez-vous sur le site de CATALYS Conseil.

Notre avis sur « Corporate », un film sur le management et le harcèlement

Sortie en salle le 5 avril dernier, Corporate de Nicolas Silhol nous invite dans un voyage au sein du « management par la terreur ». Engagés dans le bien être au travail auprès de nos clients – qu’ils soient salariés, chercheurs d’emploi, créateurs d’entreprise ou employeur – nous avons été curieux de ce film et souhaitons vous partager un avis de professionnels sur un sujet très sensible. Je vous livre ici mon avis, attention Spoiler !

Céline Sallette, Lambert Wilson Source : Télérama
Céline Sallette, Lambert Wilson
Source : Télérama

 

En résumé

Pour commencer, voici le résumé du film : Emilie Tesson-Hansen (Céline Sallette) est une RRH (responsable ressources humaines) à haut potentiel. Engagée par son ancien professeur et mentor Stéphane Fron­cart (Lambert Wilson), DRH au siège d’une multinationale, elle se destine à une brillante carrière au sein du groupe.

Dalmat, collaborateur d’une quarantaine d’année, insiste pour la rencontrer mais cette dernière se dérobe pendant plusieurs semaines. Devenu de plus en plus pressent, il la suit dans la rue et l’empoigne. Emilie Tesson-Hansen, contrainte de lui fournir une explication, finira alors par lui lâcher ces mots «  vous ne comprenez pas qu’on ne veut plus de vous dans l’entreprise, il faut démissionner… ». Quelques heures plus tard, Dalmat se suicide sur son lieu de travail. Une enquête de l’inspection du travail est ouverte….Emilie Tesson-Hansen est dans le viseur.

Si les personnes de ce film sont fictives, les techniques de management employées sont bien réelles

Nicolas Silhol nous met ainsi en garde dés le début de son film : « Si les personnes de ce film sont fictives, les techniques de management employées sont bien réelles ». Isolement, manipulation, mise au placard, évaluation négative à répétition… Tous les ingrédients du harcèlement sont présents avec un objectif chiffré : 10% de démissions en ciblant les séniors les moins productifs ne correspondant plus aux standards de l’entreprise.

Bien qu’il nous présente les conséquences de ce type de management sur les salariés, ce film s’attache à en montrer également les mécanismes en adoptant le point de vue de la RRH.

Il démontre qu’il ne s’agit pas là d’une démarche isolée d’une RRH qui aurait échappée à tout contrôle de sa hiérarchie mais bien d’une pratique managériale imaginée, réfléchie et déclinée comme une stratégie de gestion des ressources humaines de l’entreprise incarnée par Stéphane Fron­cart, le DRH du groupe. Les cadres chargés d’exécuter cette stratégie sont formés, outillés et challengés pour réussir à mener à bien cette mission et atteindre leurs objectifs. L’entreprise a réussi à imaginer une technique de management qu’elle a intitulé ironiquement « Le Management du savoir-Etre », basée sur le harcèlement toutefois sans jamais en prendre complétement le visage.

Première étape, le salarié est invité à participer à une évaluation comportementale permettant d’identifier son degré de proactivité.

Deuxième étape, il est poussé à se mettre en mobilité en l’amenant à penser qu’en tant qu’acteur de sa trajectoire professionnelle, cette décision est pleinement la sienne.

Troisième et dernière étape, en lui proposant une mutation qu’il ne pourra pas accepté du fait d’une situation personnelle difficile, il est poussé à la démission. Objectif atteint pour le RRH.

Une RRH déshumanisée ?

Suite au suicide de son collaborateur, le réflexe d’Emilie Tesson-Hansen sera de « se » couvrir – elle d’abord – et de couvrir l’entreprise ensuite. Nous sommes amenés à suivre cette protagoniste dans son évolution psychologique et dans les choix qu’elle devra mener :Continuera t’elle à se montrer « corporate » comme lui demande sa hiérarchie et ainsi s’assurera-t-elle un avenir au sein du groupe ? Est-elle finalement complice et coupable ou instrumentalisée et victime ?

Totalement dans le contrôle que ce soit de ses émotions et de son apparence, d’une froideur glaçante, elle évoluera dans ses postures avec le soutien de l’inspectrice du travail (jouée par Violaine Fumeau) et finira par dénoncer les pratiques en cours dans l’entreprise, se libérant par la même de l’emprise de son mentor.

Cela fait-il d’elle une héroïne ? Je serais tenté de répondre oui et non. Oui, car elle arrivera à lever le voile sur des pratiques manipulatrices. Non car elle en était en toute conscience l’instrument.

Loin d’être binaire (le bien/le mal), ce film démontre la complexité des relations humaines dans les organisations et du « costume » que nous endossons – plus ou moins consciemment – pour répondre aux exigences de celles-ci.

Et en réalité ?

Le magazine Capital a présenté Corporate comme « le film qui fait hurler les DRH ». En effet, des professionnels interrogés par le journal ont jugé cette fiction irréaliste et néfaste pour l’image de leur métier.

Effectivement, le rôle du RRH, tel que la majorité des professionnels du métier le conçoit, ne correspond surement en rien au « killer » (terme employé par Emilie Tesson-Hansen pour se décrire dans le film) et pourtant nous ne pouvons nier que les pratiques managériales décrites peuvent parfois être observées dans la réalité.

N’oublions pas que de nombreux cadres notamment en RH peuvent être en difficulté et en souffrance parce qu’ils doivent agir parfois en contradiction avec leurs valeurs. Le métier consiste notamment à « gérer » des ressources, cette dimension l’emporte parfois. Le RH est aussi un gestionnaire. La question c’est Quels moyens sont mis en œuvre ? Quelle anticipation et quelle gestion prévisionnelle ? Quel accompagnement des salariés ?

Le film « Corporate » peut être perçu comme une caricature ou comme un témoignage. Néanmoins, il présente à mon sens un intérêt : celui de faire réfléchir sur les formes de management et sur leurs conséquences. En effet, ce film invite chaque manager à s’interroger sur ses propres pratiques quel que soit son niveau hiérarchique et à prendre pleinement conscience des responsabilités individuelles et collectives face à ce type de situation.

Pour ma part, ce film m’a permis de confirmer mon intérêt pour les questions RH et de management, sujet passionnant qui suscite, on le voit, bien des débats.

Vous avez vu ce film ou des extraits, qu’en avez-vous pensé ? Partagez vos réactions dans les commentaires.

Merci à Frédéric Vanlierde pour sa relecture !

 

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